LOGIRAD : une étape décisive dans la modernisation des recettes non fiscales en RDC

Par Osée KABAMBA

Dans une communication datant du week‑end dernier, la Direction générale des recettes administratives, domaniales, judiciaires et de participations (DGRAD) a indiqué avoir reçu les codes sources du logiciel de gestion intégrée des recettes administratives et domaniales (LOGIRAD), après la signature du procès‑verbal de remise et reprise desdits codes.

C’est une étape décisive franchie par cette régie financière. Le directeur général, Étienne Utshudi, a par la même occasion assuré que la prise en main de cet important logiciel de gestion des recettes traduit l’engagement de la DGRAD, qui entend poursuivre les réformes pour améliorer son efficacité.

Pour l’analyste et chercheur sur les questions monétaires et les finances publiques, Zacharie Mudimbi Bin Mufite, cet événement dépasse le cadre purement technique. « Il s’inscrit dans une dynamique nationale de modernisation, de transparence et de sécurisation de la mobilisation des recettes non fiscales. »

Le chercheur en finances publiques estime que la digitalisation de la chaîne des recettes publiques est un moyen d’optimiser les recettes de l’État.

« Ces recettes, issues notamment des services administratifs, domaniaux et judiciaires, représentent une part non négligeable des ressources publiques. Leur gestion efficace permet de réduire les pertes liées aux fraudes, aux inefficacités administratives et aux circuits informels, tout en améliorant la prévisibilité des finances de l’État », fait savoir Zacharie Mudimbi.

Selon lui, ce logiciel s’érige en « un outil structurant ». En assurant la traçabilité des transactions et le suivi en temps réel, le système, selon lui, « contribue à renforcer le contrôle interne et à limiter la déperdition des recettes. »

Si la DGRAD doit encore s’approprier ce nouvel outil et l’améliorer au fil du temps en fonction des besoins immédiats, Zacharie Mudimbi est d’avis que, au‑delà de l’amélioration administrative, les retombées potentielles concernent directement les citoyens. Une mobilisation plus efficace des recettes publiques accroît la capacité de l’État à financer les infrastructures, les services sociaux et les politiques de développement.

Partageant le même avis que bon nombre d’experts du secteur, qui voient en cet outil numérique des perspectives plus larges, l’économiste insiste : « LOGIRAD pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives de digitalisation dans l’administration publique congolaise, contribuant à une modernisation globale des mécanismes de gestion et de mobilisation des ressources internes. »

Somme toute, le chercheur sur les questions monétaires et les finances publiques espère une transition vers une administration financière plus moderne, plus efficace et plus responsable.

« Cette réforme illustre une conviction fondamentale : la modernisation de l’État n’est pas un luxe technologique, mais une condition essentielle pour bâtir une gouvernance crédible, performante et tournée vers l’avenir. » conclut‑il.

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