L’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), ex-IFASIC, vient de poser un acte fort qui marque un tournant décisif dans la gouvernance de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo. Dans une décision qualifiée d’opération d’assainissement administratif, la rectrice de cette institution, la professeure Espérance Bayedila, a officialisé la radiation de plusieurs membres du corps scientifique pour non-conformité aux normes académiques en vigueur.
Parmi les personnes concernées figurent Dieunit Kanyinda et Jessy Kabasele, tous deux cadres à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC). Recrutés comme assistants sous la précédente équipe rectorale dirigée par Kambayi Bwatshia, ils sont aujourd’hui rattrapés par une réévaluation rigoureuse des conditions de leur intégration au corps scientifique.
Recrutements irréguliers et exigences académiques bafouées
Selon les documents administratifs consultés, les agents radiés auraient intégré le corps scientifique sans satisfaire aux critères académiques légalement requis, notamment en matière de diplômes, de parcours scientifique et de procédures de sélection. Une situation qui, pendant plusieurs années, a alimenté les critiques sur la banalisation des titres universitaires et la porosité entre influence professionnelle, relations personnelles et mérite académique.
Pour la nouvelle équipe dirigeante, il s’agit clairement de mettre fin à des pratiques héritées du passé, où l’université était parfois perçue comme un espace de promotion administrative plutôt que comme un temple de la rigueur intellectuelle.
Un signal fort envoyé au monde universitaire
Cette décision ne se limite pas à quelques assistants. Des professeurs associés sont également concernés, preuve que la réforme engagée vise l’ensemble de la chaîne académique. L’objectif affiché : restaurer la crédibilité de l’UNISIC, redonner sa valeur au statut d’enseignant-chercheur et protéger les étudiants contre un encadrement non qualifié.
Cette décision ne se limite pas à quelques assistants. Des professeurs associés sont également concernés, preuve que la réforme engagée vise l’ensemble de la chaîne académique. L’objectif affiché : restaurer la crédibilité de l’UNISIC, redonner sa valeur au statut d’enseignant-chercheur et protéger les étudiants contre un encadrement non qualifié.
Dans les milieux universitaires, l’affaire Dieunit Kanyinda est désormais citée comme un cas emblématique des dérives liées aux anti-valeurs : accès aux fonctions académiques sans respect du parcours scientifique, confusion entre notoriété médiatique et légitimité universitaire, et affaiblissement des standards.

Droit de recours, mais application immédiate
Si la mesure est d’application immédiate, l’administration précise toutefois que les personnes radiées conservent le droit d’introduire des recours légaux, conformément aux textes en vigueur. Une ouverture juridique qui n’atténue en rien la portée symbolique de la décision.
Vers une université fondée sur le mérite
À travers cet acte, la rectrice Espérance Bayedila inscrit son mandat dans une logique de rupture avec l’impunité académique. Un message clair est lancé : l’université congolaise ne sera plus le refuge des passe-droits, mais un espace où seul le mérite scientifique ouvre les portes.
Dans un pays où la lutte contre les anti-valeurs reste un combat quotidien, l’UNISIC pose ainsi un jalon important. Reste à savoir si cet exemple fera école dans d’autres établissements publics de l’enseignement supérieur.
Fulgence MILAY















