La République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la structuration de son industrie cinématographique. La ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a présenté au Conseil des ministres du vendredi 6 février 2026 un projet de Décret portant organisation et fonctionnement d’un organisme public dédié à l’émergence du cinéma rd-congolais et au développement des infrastructures y afférentes.
Le cinéma, pilier stratégique du Programme d’Actions du Gouvernement
Inscrite comme action prioritaire du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) dans le secteur culturel, la promotion de la production cinématographique se voit ainsi dotée d’un cadre institutionnel structurant.
L’opérationnalisation de ce futur Centre national ambitionne de dynamiser la création audiovisuelle, de renforcer la diffusion des œuvres locales et d’améliorer leur compétitivité sur les marchés national, continental et international.
Valorisation culturelle et rayonnement international
Au-delà de l’appui à la production, cette initiative vise à promouvoir et protéger le patrimoine culturel rd-congolais, tout en mettant en valeur la diversité créative du pays. Le Centre jouera un rôle clé dans la consolidation de l’identité culturelle à travers le cinéma, en favorisant une présence accrue des œuvres nationales sur les scènes culturelles mondiales.
Encadrer la création pour préserver l’identité nationale
Le projet de Décret confère également au Centre une mission d’encadrement en amont des productions cinématographiques, afin de garantir le respect des valeurs culturelles rd-congolaises. Dans un environnement audiovisuel fortement exposé aux influences extérieures, cette approche stratégique vise à concilier liberté artistique, ouverture culturelle et sauvegarde de l’identité nationale.
Un secteur riche en talents, freiné par des défis structurels
Berceau d’expressions artistiques plurilingues et profondément enracinées, le cinéma rd-congolais s’est développé avec résilience, porté par des talents reconnus tant au niveau local qu’international. Toutefois, le secteur demeure confronté à des défis structurels persistants : insuffisance d’infrastructures, accès limité aux financements et déficit de formations spécialisées.
Vers une structuration durable de l’économie du cinéma
Ces dernières années, une nouvelle génération de cinéastes a insufflé un souffle nouveau, multipliant les productions indépendantes et les sélections dans les festivals internationaux. La création d’un Centre national dédié marque ainsi une étape décisive vers la professionnalisation des acteurs, la structuration durable du secteur et l’intégration du cinéma rd-congolais dans l’économie culturelle nationale.
Fulgence Milay
















