La lutte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo s’organise principalement autour des zones de santé affectées. C’est à partir de ces structures sanitaires que les opérations de surveillance, de prise en charge des malades et de sensibilisation sont coordonnées, avec le soutien des relais communautaires déployés dans les différentes aires de santé.
Dans les secteurs touchés par le virus, des centres de traitement Ebola ont déjà été installés afin d’assurer une prise en charge rapide des cas confirmés. Des centres de transit sont également en cours d’aménagement dans les zones considérées comme les plus exposées, pour renforcer la capacité de réponse et limiter les risques de propagation.
Malgré les mesures mises en place, plusieurs obstacles demeurent. Les autorités sanitaires soulignent notamment la nécessité d’obtenir une meilleure implication des populations locales dans les actions de prévention.
« Le principal défi reste l’appropriation de la riposte par les communautés afin de garantir l’efficacité des interventions mises en œuvre », a déclaré le docteur Marcel Lola, insistant sur l’importance de la collaboration entre les équipes de santé et les habitants.
50 millions USD annoncés pour accompagner la riposte
La question du financement de la réponse à l’épidémie a également été au centre des échanges. Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a indiqué que 20 millions de dollars américains avaient déjà été débloqués pour soutenir les opérations sur le terrain.
Selon lui, une enveloppe supplémentaire de 30 millions de dollars a été annoncée, mais ces fonds n’ont pas encore été réceptionnés par le gouvernement.
« Nous avons reçu 20 millions de dollars. Les 30 millions supplémentaires ont été annoncés, mais ils ne sont pas encore encaissés », a précisé le ministre.
Face aux critiques concernant une éventuelle centralisation des moyens financiers à Kinshasa, Roger Kamba a assuré que les ressources sont directement utilisées dans les zones concernées par l’épidémie.
Il a expliqué que les fonds servent notamment à l’acquisition des véhicules, à l’achat des équipements de protection individuelle et au financement des équipes engagées dans la riposte.
Le ministre a également encouragé les députés provinciaux à jouer pleinement leur rôle de contrôle afin de garantir la transparence dans la gestion des ressources mobilisées.
Une situation humanitaire déjà fragile
Pour sa part, la ministre d’État en charge des Affaires sociales et Actions humanitaires, Eve Bazaïba, a mis en garde contre l’impact humanitaire de cette nouvelle crise sanitaire dans une région déjà confrontée à de nombreuses difficultés.
Elle estime que l’épidémie d’Ebola vient accentuer la vulnérabilité des populations de l’Est de la RDC, où plusieurs communautés font déjà face à des conditions de vie difficiles liées aux crises sécuritaires et sociales.
Les autorités annoncent vouloir renforcer les actions de surveillance, améliorer le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés et intensifier les campagnes de sensibilisation.
L’objectif affiché reste de freiner la circulation du virus et de parvenir à un contrôle progressif de l’épidémie grâce à une mobilisation accrue des services sanitaires et des communautés locales.















