L’Inspection générale des finances (IGF) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation du contrôle des finances publiques en lançant, lundi 8 juin à Kinshasa, un séminaire de six jours destiné aux professionnels des médias et aux acteurs de la société civile.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’institution, dont l’un des axes majeurs repose sur la promotion du contrôle systémique.
À travers cette rencontre organisée au chapiteau du restaurant 19, dans la commune de la Gombe, l’IGF entend renforcer l’appropriation citoyenne des mécanismes de contrôle des finances publiques et créer une dynamique de collaboration avec les acteurs chargés de relayer l’information auprès des populations.
Dans son discours d’ouverture, le chef de service de l’IGF, Christophe Bitasimwa Bahii, a souligné que la réussite des réformes engagées dépend non seulement des institutions publiques, mais également de l’implication des médias et de la société civile. Selon lui, ces acteurs jouent un rôle essentiel dans la diffusion des bonnes pratiques de gouvernance, la sensibilisation de l’opinion publique et le renforcement de la culture de redevabilité.
« Le contrôle des finances publiques ne doit plus être perçu comme une affaire exclusivement administrative. Il concerne l’ensemble des citoyens qui ont le droit de savoir comment sont gérées les ressources publiques », a-t-il expliqué devant les participants.

Le contrôle systémique au cœur de la réforme
Au centre des échanges figure le concept de contrôle systémique, une approche présentée comme l’une des innovations majeures du nouveau plan stratégique de l’IGF. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui interviennent souvent après la constatation des irrégularités, le contrôle systémique vise à identifier en amont les failles structurelles susceptibles de favoriser les détournements, les mauvaises pratiques ou les pertes de recettes publiques.
Cette démarche repose sur l’analyse des procédures, des mécanismes de gestion et des systèmes administratifs afin de détecter les risques et de proposer des correctifs durables. L’objectif est de prévenir les dysfonctionnements avant qu’ils ne produisent leurs effets sur les finances de l’État.
Pour l’IGF, cette orientation marque une évolution importante dans la manière d’assurer la surveillance de la gestion publique. Elle privilégie la prévention, la transparence et l’amélioration continue des mécanismes de gouvernance.

Former des relais d’information crédibles
Pendant six jours, les participants seront initiés aux principes fondamentaux du contrôle systémique, aux missions de l’IGF, aux mécanismes de surveillance des finances publiques ainsi qu’aux enjeux liés à la transparence et à la lutte contre la corruption.
L’objectif est de permettre aux journalistes et aux organisations citoyennes de mieux comprendre les outils de contrôle utilisés par l’institution afin de les vulgariser auprès du grand public. Les organisateurs estiment qu’une meilleure maîtrise de ces questions par les médias contribuera à améliorer la qualité de l’information diffusée sur la gestion des ressources publiques.
Une gouvernance plus participative
Le séminaire traduit la volonté de l’IGF d’adopter une approche plus ouverte et participative dans l’exercice de ses missions. En associant les médias et la société civile à ses réflexions stratégiques, l’institution cherche à renforcer la confiance du public dans les mécanismes de contrôle de l’État.
Pour plusieurs observateurs, cette initiative intervient dans un contexte où les exigences de transparence, d’efficacité dans la gestion des ressources publiques et de lutte contre la corruption occupent une place croissante dans le débat national.
Le Plan stratégique triennal 2026-2028 prévoit notamment le renforcement des capacités institutionnelles de l’IGF, l’amélioration des outils de contrôle, la digitalisation des processus de surveillance et l’élargissement de la collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux.

Un enjeu majeur pour les finances publiques
À travers ce séminaire, l’IGF ambitionne de bâtir une véritable culture du contrôle citoyen et de la redevabilité. En faisant des journalistes et des organisations de la société civile des acteurs informés et engagés, l’institution espère renforcer l’efficacité de son action et contribuer à une gestion plus rigoureuse des ressources de l’État.
Au terme des six jours de travaux, les participants devraient disposer des connaissances nécessaires pour mieux expliquer au public les mécanismes de contrôle des finances publiques et accompagner la vulgarisation du contrôle systémique, présenté comme l’un des principaux leviers de modernisation de la gouvernance financière en République démocratique du Congo.















