Les infrastructures constituent les fondations sur lesquelles repose l’édification d’une nation forte, intégrée et prospère. C’est autour de cette vision que le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présenté mardi, lors d’un briefing de presse organisé au Studio Maman Angebi de la RTNC, l’état d’avancement des principaux projets routiers du pays ainsi que les perspectives de modernisation engagées par le Gouvernement.
Face aux professionnels des médias, le ministre a dressé un panorama détaillé des chantiers en cours, mettant en lumière la volonté des autorités de renforcer les liens entre les provinces et de bâtir un réseau de communication à la hauteur des ambitions économiques de la République démocratique du Congo.
La Conférence nationale sur les infrastructures : poser les fondations de l’avenir
Au cœur de son intervention, John Banza Lunda est revenu sur la première Conférence nationale sur les infrastructures, une initiative portée personnellement par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Selon lui, cette rencontre historique a constitué un véritable cadre de réflexion stratégique réunissant les experts, les décideurs publics, les partenaires techniques ainsi que les acteurs du secteur des travaux publics autour d’un objectif commun : définir une vision cohérente et durable du développement des infrastructures nationales.
« Aucun édifice ne peut résister au temps sans plans solides ni fondations robustes », a laissé entendre le ministre en soulignant l’importance de cette démarche qui vise à harmoniser les interventions sur l’ensemble du territoire.
L’une des résolutions majeures de ces assises concerne l’élaboration des premières normes nationales congolaises dans le domaine des infrastructures et de la construction.
350 normes techniques pour garantir la qualité des ouvrages
Pour traduire cette ambition en actions concrètes, un atelier spécialisé a été mis en place afin d’élaborer près de 350 normes techniques dans un délai de dix mois.
Ces référentiels permettront de standardiser les méthodes de construction, d’améliorer la qualité des travaux, de renforcer la sécurité des infrastructures et de garantir une meilleure durabilité des investissements publics.
Cette initiative marque une étape importante dans la professionnalisation du secteur, en dotant le pays d’outils techniques comparables à ceux utilisés dans les grandes nations industrialisées.

Voirie urbaine : accompagner les provinces dans leur développement
Abordant la question de la voirie urbaine, le ministre a rappelé que la Constitution attribue cette responsabilité aux gouvernements provinciaux.
Toutefois, dans le cadre du principe de solidarité nationale et de l’unité de l’État, le Gouvernement central apporte son soutien à plusieurs programmes d’aménagement urbain à travers le pays.
À Kinshasa, mégapole en pleine expansion démographique, les défis restent considérables.
La capitale aurait besoin d’environ 6 000 kilomètres de routes modernes pour répondre efficacement aux besoins de mobilité de ses habitants.
Le Gouvernement poursuit néanmoins ses efforts pour étendre progressivement le réseau routier existant, améliorer la fluidité de la circulation et désenclaver plusieurs quartiers.
Au-delà de Kinshasa, plusieurs villes bénéficient également de programmes d’investissements structurants.
C’est notamment le cas de Bunia, Mbuji-Mayi et Kalemie où des avancées significatives ont été enregistrées.
D’autres centres urbains tels que Bumba, Lisala, Lodja, Kabinda, Lumumba-ville et Tshikapa figurent parmi les prochaines étapes de cette dynamique de modernisation.
La Route nationale n°1 : l’épine dorsale de la République
Parmi les projets emblématiques évoqués lors de ce briefing figure la Route nationale n°1.
Longue d’environ 3 300 kilomètres, cette artère stratégique relie Banana, sur la façade atlantique, à Sakania, à la frontière zambienne.
Pour le ministre, cette route représente bien plus qu’un simple axe de circulation.
Elle constitue une véritable colonne vertébrale destinée à relier les différentes composantes du territoire national et à faciliter les échanges économiques entre les provinces.
Sa modernisation progressive est perçue comme un levier majeur pour stimuler la croissance, renforcer l’intégration territoriale et réduire les coûts de transport.

RN2 : vers la première autoroute congolaise moderne
Le ministre a également mis en avant les avancées réalisées sur la Route nationale n°2 reliant Mbuji-Mayi à Bukavu.
Ce projet comprend la construction de la première autoroute congolaise à deux fois deux voies, une infrastructure appelée à transformer profondément les conditions de mobilité dans cette partie du pays.
L’ouvrage phare de ce corridor sera un pont moderne de 714 mètres qui reliera les provinces de la Lomami et du Maniema.
Selon les données présentées, cette infrastructure deviendra le deuxième plus long pont du pays après le pont Maréchal, symbolisant la volonté de rapprocher les territoires longtemps séparés par les obstacles naturels.
Les autres corridors stratégiques en préparation
Au-delà des grands axes déjà en chantier, plusieurs corridors routiers structurants font actuellement l’objet d’études ou de réajustements techniques.
C’est notamment le cas de la Route nationale n°4 entre Kisangani et Beni, dont le contrat fait l’objet d’une révision visant à accélérer l’exécution des travaux.
La Route nationale n°7, destinée à relier Kananga à Kisangani en traversant le Sankuru et la Tshuapa, a déjà franchi l’étape des études techniques, ouvrant la voie aux prochaines phases opérationnelles.
Le réseau de la Route nationale n°6 dans le nord-ouest du pays ainsi que les Routes nationales n°12, n°16 et n°17 dans le Kongo Central et l’ouest de la RDC figurent également parmi les priorités gouvernementales.
Plusieurs projets de connexion vers Mbandaka et Kisangani viennent compléter cette architecture routière appelée à redessiner les flux économiques nationaux.
Construire les voies du développement
À travers l’ensemble de ces projets, le Gouvernement entend jeter les bases d’un maillage territorial plus cohérent et plus performant.
Pour John Banza Lunda, chaque route construite, chaque pont érigé et chaque kilomètre asphalté représente davantage qu’un simple ouvrage de génie civil. Il s’agit d’un instrument de cohésion nationale, d’un vecteur de prospérité et d’un chemin vers une intégration plus profonde des provinces.
Dans cette vision, les infrastructures apparaissent comme les pierres d’un vaste édifice collectif dont l’objectif ultime est de rapprocher les populations, faciliter les échanges et ouvrir de nouvelles perspectives de développement pour la République démocratique du Congo.















