Une épidémie limitée à trois provinces
Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola, souche Bundibugyo, les autorités sanitaires congolaises se veulent rassurantes. Lors d’un Special Briefing Presse animé conjointement par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le ministre de la Santé publique, Dr Roger Samuel Kamba, le gouvernement a fait le point sur l’évolution de la situation.
Selon le ministre de la Santé, seuls l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont actuellement touchés par la maladie. Il a fermement démenti les informations faisant état d’une propagation dans d’autres provinces du pays.
Des chiffres désormais mieux maîtrisés
Les autorités sanitaires indiquent que la RDC compte actuellement 381 cas confirmés d’Ebola Bundibugyo. Un chiffre qui contraste avec les nombreuses rumeurs évoquant plusieurs centaines de cas supplémentaires.
Pour le gouvernement, cette meilleure précision s’explique par le renforcement du système de diagnostic, qui permet désormais de distinguer rapidement les cas confirmés des simples cas suspects.

L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie
La province de l’Ituri concentre à elle seule près de 95 % des cas recensés sur l’ensemble du territoire national. Le Nord-Kivu enregistre 19 cas confirmés tandis que le Sud-Kivu en compte trois.
Au total, 25 zones de santé sont affectées, dont 17 en Ituri, 7 au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.
Une létalité moins élevée que la souche Zaïre
Depuis le début de l’épidémie, 63 décès ont été enregistrés. Les autorités soulignent toutefois que le taux de létalité reste inférieur à 17 %, confirmant ainsi les caractéristiques de la souche Bundibugyo, réputée moins meurtrière que la souche Zaïre.
Le ministre de la Santé a également relevé que le Nord-Kivu présente un taux de mortalité plus élevé en raison d’une détection tardive des premiers cas dans cette province.

Le dépistage franchit un cap décisif
L’un des principaux acquis de la riposte concerne le diagnostic rapide. Grâce à l’acquisition de plus de 4.000 kits de dépistage et à l’installation de nouveaux laboratoires, les résultats sont désormais disponibles en moins de 24 heures.
Le laboratoire récemment déployé à Mongwalu permet notamment d’effectuer les analyses sur place, réduisant considérablement les délais de traitement des échantillons.
Selon le gouvernement, la capacité nationale de dépistage approche désormais les 100 %.
Le traçage des contacts en nette progression
Autre indicateur encourageant : le suivi des personnes exposées au virus. Alors qu’il n’était que de 9 % au début de l’épidémie, le taux de traçage atteint aujourd’hui 55,5 %.
Pour les équipes de riposte, cette amélioration permet d’identifier plus rapidement les personnes à risque et d’intervenir avant l’apparition de nouveaux foyers de contamination.
L’objectif affiché est désormais d’atteindre un taux de suivi de 90 %.

Des capacités de prise en charge renforcées
En parallèle, le gouvernement poursuit le déploiement de nouveaux centres de traitement Ebola. Actuellement, environ 233 personnes sont suivies dans différentes structures sanitaires, certaines en observation et d’autres sous traitement après confirmation de leur diagnostic.
Les équipements de protection individuelle destinés aux soignants ainsi que les dispositifs de prise en charge des patients sont également disponibles dans les zones concernées.
Le gouvernement mise sur une riposte plus efficace
Grâce à l’amélioration du dépistage, à l’accélération du traitement des échantillons et au renforcement du suivi des contacts, les autorités sanitaires estiment disposer aujourd’hui de meilleurs outils pour contenir la propagation du virus.
Le gouvernement affirme ainsi poursuivre sa stratégie de surveillance et de prise en charge afin de freiner durablement l’évolution de l’épidémie sur l’ensemble des zones touchées.















