Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises sécuritaires, climatiques et économiques, et par la contraction progressive des financements extérieurs, la question de la soutenabilité de l’aide au développement se pose avec acuité pour les pays fragiles.
C’est dans ce cadre que le ministre d’État, Guylain Nyembo, a co-présidé la deuxième réunion statutaire du Comité de pilotage conjoint du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF), en présence des représentants du système des Nations Unies en République démocratique du Congo.
Alors que plusieurs partenaires internationaux réorientent leurs priorités budgétaires vers leurs propres urgences internes ou vers de nouveaux foyers de tension géopolitique, les enveloppes destinées aux pays en situation post-conflit tendent à se réduire. Pour la RDC, qui poursuit un processus de stabilisation et de consolidation institutionnelle, cette évolution impose une réflexion stratégique.
Au cours des travaux, le ministre d’État a interpellé les membres du Comité sur une question centrale : comment garantir la continuité de l’aide au développement dans un environnement international où les ressources se raréfient ?
Au-delà du constat, deux axes prioritaires ont été mis en avant.
Le premier concerne le renforcement de la coordination et la rationalisation de l’aide. Il s’agit d’éviter la dispersion des projets, de réduire les chevauchements et d’assurer une meilleure cohérence entre les interventions des différents partenaires techniques et financiers. Une gouvernance plus intégrée des programmes permettrait d’optimiser l’impact des ressources disponibles et d’améliorer la redevabilité.

Le second axe porte sur la mobilisation accrue des ressources internes et le renforcement des investissements publics. Dans un contexte de contraction de l’aide extérieure, la capacité de l’État à élargir son assiette fiscale, à améliorer la collecte des recettes et à orienter efficacement la dépense publique devient un levier déterminant. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance structurelle aux financements extérieurs et de renforcer l’appropriation nationale des politiques de développement.
Le Coordonnateur résident par intérim du Système des Nations Unies en RDC, Alain Akpadji, a salué une dynamique fondée sur la cohérence et l’unité d’action, soulignant l’importance d’un partenariat renouvelé entre le gouvernement congolais et les agences onusiennes.
En toile de fond, cette rencontre traduit une évolution plus profonde : l’aide internationale ne peut plus être considérée comme une ressource stable et acquise. Elle s’inscrit désormais dans un environnement concurrentiel, où les priorités globales se redéfinissent rapidement.
Pour la RDC, l’enjeu consiste donc à transformer cette contrainte en opportunité : améliorer la gouvernance des ressources, renforcer la planification stratégique et consolider les mécanismes nationaux de financement du développement. Car si l’appui extérieur demeure essentiel, la durabilité de la consolidation de la paix repose avant tout sur la capacité interne de l’État à structurer son économie et à financer ses propres priorités.
La raréfaction des financements internationaux impose ainsi un changement de paradigme : passer d’une logique d’assistance à une logique de résilience et d’autonomisation progressive.















