Alors que les tensions militaires s’intensifient entre les États-Unis et l’Iran, les inquiétudes grandissent quant aux répercussions économiques mondiales. Pour de nombreux analystes, le principal point de crispation reste le Golfe persique, une région stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Interrogé sur la question, Maître Labor Okoloba souligne d’emblée l’importance géopolitique de cette zone.
« La région du Golfe persique est extrêmement riche en ressources naturelles, notamment le pétrole. Elle constitue une voie d’accès majeure pour le commerce mondial à travers le détroit d’Ormuz, un passage étroit mais capital par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole brut. »
Ce corridor maritime relie la mer d’Arabie et l’océan Indien et représente un carrefour stratégique entre l’Asie, l’Afrique et l’Occident. Toute perturbation dans cette zone entraîne automatiquement des secousses sur les marchés énergétiques.
Une guerre d’influence mondiale
Selon Maître Okoloba, la crise actuelle s’inscrit dans une lutte d’hégémonie plus large entre grandes puissances.
« Les États-Unis exercent depuis longtemps une influence majeure dans cette région. Mais la Russie et la Chine, gros importateurs de pétrole, cherchent également à y renforcer leur position dans une logique de coalition face à l’Occident. »
À cela s’ajoute la dimension sécuritaire liée à la protection d’Israël et aux tensions persistantes avec l’Iran depuis la révolution islamique de 1979.
Dans ce contexte explosif, la crainte majeure des marchés reste une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz.

Le pétrole, nerf de l’économie mondiale
Les premiers effets se font déjà sentir. Le prix du baril est passé d’environ 73 dollars avant la crise à près de 80 dollars, soit une hausse d’environ 10 %. Si cette augmentation reste encore contenue, les experts redoutent une flambée plus marquée en cas d’escalade.
« Le conflit n’est qu’à ses débuts et nul ne sait combien de temps il durera. Plus il s’installe dans la durée, plus l’économie mondiale tombera dans l’incertitude », prévient Maître Okoloba.
Pour les économies africaines, et particulièrement la République démocratique du Congo, les conséquences pourraient être significatives. La majorité des pays du continent sont des économies extraverties, fortement dépendantes des importations, notamment en produits pétroliers.
Une hausse durable du prix du pétrole se traduirait par :
une augmentation des coûts de transport ;
une pression accrue sur les prix des produits de première nécessité ;
une inflation plus forte ;
un renchérissement des dépenses publiques liées à l’énergie.
Dans un pays comme la RDC, où le carburant conditionne aussi bien la logistique minière que l’approvisionnement alimentaire, l’impact pourrait être transversal.
Les investissements américains en RDC menacés ?
Malgré ces turbulences internationales, Maître Okoloba estime que les relations économiques entre Washington et Kinshasa ne devraient pas être affectées.
« Cette crise ne pourra pas compromettre l’investissement américain en RDC, notamment dans les secteurs des mines et des infrastructures. Tout investisseur recherche un retour sur investissement. Les États-Unis ont évalué les risques avant d’entrer dans cette guerre. »
Il rappelle que la présence américaine en RDC s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique et de sécurisation des minerais critiques, essentiels aux technologies modernes.
Autrement dit, la logique stratégique l’emporterait sur la conjoncture.
Vigilance et résilience
Si l’investissement direct pourrait se maintenir, la RDC reste néanmoins vulnérable aux chocs externes liés à la volatilité des prix de l’énergie. Cette situation met en lumière la nécessité d’accélérer la diversification économique et de réduire la dépendance aux importations énergétiques.
Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques récurrentes, la stabilité économique congolaise dépendra autant des équilibres internationaux que de sa capacité interne à renforcer sa résilience.















