Le SYNAMED met en garde le gouvernement contre le non‑respect de ses engagements

Par Osée KABAMBA

La concrétisation des engagements pris par le gouvernement vis‑à‑vis des médecins congolais sera suivie de près par le Syndicat national des médecins (SYNAMED-Asbl). C’est ce qu’a annoncé son secrétaire général, docteur John Senga, lors d’un point de presse organisé ce mardi 13 janvier 2026 au siège du syndicat à Kinshasa.

Bilan 2025 et mise en garde sur la sécurité des médecins

Cette première adresse de l’année 2026 du bureau national du SYNAMED a permis de dresser le bilan de l’année précédente et de fixer le cap pour l’exercice en cours. Revenant sur les événements marquants de l’année 2025, dans son allocution, le secrétaire général national du SYNAMED‑Asbl, le docteur John Senga, est revenu sur le nombreux cas de décès de médecins assassinés dans certains coins du territoire national.

« À la suite de ces nombreux cas d’assassinat, le bureau national du SYNAMED avait mis en garde le gouvernement contre l’insuffisance de protection des médecins, même ceux mandatés pour exécuter ses missions ou pour le compte de ses partenaires. Nous avions alors émis des réserves d’exécuter désormais les ordres de mission qui émaneraient du gouvernement ou de ses partenaires, surtout dans les zones insécurisées si les conditions optimales de sécurité n’étaient pas réunies », a-t-il déclaré.

Tout en retirant cette mise en garde, le SYNAMED salue les efforts diplomatiques du gouvernement sous l’égide du Président Tshisekedi afin de ramener la paix dans la partie orientale du pays.

Un cahier des charges ignoré par le gouvernement

Pour le Syndicat national des médecins, les objectifs non atteints de l’exercice précédent sont nombreux. Face au non‑respect des cahiers des charges par le banc gouvernemental et au non‑examen des propositions de projets sociaux des médecins, le bureau national du syndicat entend obtenir gain de cause.

Selon le secrétaire de ce syndicat, « Le bureau exécutif national avait déposé au mois d’octobre 2024 un cahier des charges auprès du gouvernement. Cependant, ce cahier des charges déposé auprès de la Première ministre n’a pas été examiné. Le gouvernement, qui a pourtant promis de le faire et d’échanger sur son contenu, n’a pas tenu parole. Nous allons donc l’actualiser et rappeler son examen. »

Le docteur John Senga rassure que le bureau exécutif national de ce syndicat est conscient des objectifs non atteints.

Défis de la Couverture santé universelle et appel à la concertation

Face aux défis structurels et fonctionnels, le SYNAMED se veut conciliant. Son secrétaire général appelle à une collaboration tous azimuts des parties prenantes pour y remédier.

À en croire John Senga, si certains programmes du gouvernement, tels que la Couverture santé universelle, souffrent dans leur exécution en dépit des moyens déployés, c’est à cause de la non‑implication du personnel soignant : « Il est donc temps que toutes les parties prenantes de ce secteur se mettent ensemble, autour d’une même table, pour faire le diagnostic qui convient et proposer une thérapeutique adéquate pour ce secteur. »

Et d’ajouter : « Face, par exemple, au défi de la mise en œuvre de la CSU à travers tout le territoire national, comme partenaire social, le SYNAMED en avait appelé à l’organisation des états généraux du secteur de la santé pour nous accorder sur certains aspects de ce projet social et ambitieux du chef de l’État. Mais hélas, cet appel est resté sans suite ; les autorités préfèrent agir sans concertation en excluant dans leur décision les acteurs majeurs qui sont appelés à exécuter cette couverture santé universelle. »

Carrière, rémunération et mécanisation des médecins en suspens

Le Syndicat national des médecins déplore aussi les dysfonctionnements au sein de l’administration de la santé mettant en péril la carrière des médecins des services publics de l’État.

« En ce qui concerne les médecins des services publics de l’État, plus aucune autorité ne suit réellement leur carrière. Ils évoluent comme un troupeau sans berger. La fiche signalétique tenue par les autorités… Plus aucune autorité ne se soucie de l’équilibre et du respect de l’affectation et du déploiement des médecins à travers la République. L’écrasante majorité des médecins spécialistes exercent à Kinshasa ou dans les chefs‑lieux des grandes villes. Plus de la moitié des médecins des services publics de l’État sont affectés à Kinshasa », déplore le docteur John Senga.

En vue de remédier à cette problématique, le SYNAMED encourage le paiement d’une prime de brousse afin d’augmenter la présence des médecins en milieu rural.

Fustigeant le manque d’empathie de l’exécutif national, le plus grand syndicat des médecins en RDC insiste sur le respect du paiement de la paie complémentaire, droit acquis à la paie ordinaire, manquement que les médecins congolais n’attendront pas tolérer plus longtemps.

« Plusieurs médecins, particulièrement ceux promis en 2019 par le décret du Premier ministre et par l’ordonnance présidentielle de juillet 2022, sont restés sous‑payés. Cette situation, qui a commencé depuis le 4ᵉ trimestre 2024, perdure jusqu’à ce jour sans perspective crédible de la part du gouvernement pour la résoudre », s’insurge le secrétaire national du SYNAMED.

Autre point de discorde : la clause prévoyant l’alignement de 800 médecins nouvelles unités et la mécanisation de 1 000 médecins par trimestre n’est guère respectée par le gouvernement.

Tout en exigeant, entre autres, la convocation régulière des travaux des commissions interministérielles en vue d’examiner le cahier des charges des médecins, le Syndicat national des médecins prévient toutefois qu’en cas de non‑respect des engagements pris avec le banc syndical, le gouvernement sera tenu comme unique responsable des perturbations qui s’en suivront.

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