Stabilisation du marché de change : après l’injection de 50 millions USD, Dieu-donné Kasongo salue l’action de la BCC

Par Charly Makansia

Face à une hausse significative des besoins en liquidités en devises au sein du système bancaire congolais, observée à l’issue des festivités de fin d’année, la Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé la vente de plus de 50 millions de dollars américains aux banques commerciales. Cette intervention conjoncturelle vise à stabiliser le marché des changes et à contenir les pressions exercées sur le franc congolais, dans un contexte marqué par des tensions inflationnistes persistantes.

Une décision conforme au rôle régalien de la Banque centrale

Pour Dieu-donné Kasongo, analyste économique, cette décision s’inscrit pleinement dans les missions régaliennes de la BCC en tant qu’autorité monétaire.
« Lorsque le taux de change du franc congolais subit des pressions à la hausse, la Banque centrale a l’obligation d’intervenir. Elle dispose pour cela de plusieurs instruments de politique monétaire, notamment le taux de réserve obligatoire et les opérations d’open market. À travers la vente de titres et d’obligations, elle peut injecter des devises sur le marché monétaire afin d’en atténuer les déséquilibres », explique-t-il.
Selon lui, cette opération permet de répondre à une demande accrue en devises et de limiter les effets immédiats de la volatilité sur le marché des changes.

Des effets positifs à court terme, mais des défis structurels persistants

Si l’analyste salue l’efficacité de ces mesures à court terme, il estime toutefois qu’elles ne sauraient constituer une solution durable aux fragilités structurelles de l’économie congolaise.
« Le gouvernement doit mettre en place une véritable politique agricole, structurée et industrialisée, capable de satisfaire la demande intérieure avant de viser l’exportation. Sans cela, nous continuerons à gérer les mêmes crises de manière répétitive », avertit Dieu-donné Kasongo.
Il plaide ainsi pour une stratégie économique axée sur la production locale, la réduction des importations et la création de valeur interne, afin de limiter la dépendance aux devises étrangères.

Un contexte marqué par des tensions et des comportements spéculatifs

Cette intervention de la BCC intervient dans un climat de tensions sur le marché parallèle des changes, largement alimentées par des comportements spéculatifs et des anticipations négatives de certains opérateurs économiques. Ces facteurs contribuent à accentuer la volatilité du franc congolais et à fragiliser davantage le pouvoir d’achat des ménages.

L’appel du Chef de l’État à la discipline budgétaire

Lors de la 64ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Président de la République avait d’ailleurs insisté sur la nécessité de rationaliser les dépenses publiques, afin d’anticiper et de prévenir tout risque de dépréciation accrue de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année.
Dans ce contexte, l’intervention de la Banque centrale apparaît comme une réponse immédiate aux tensions conjoncturelles, mais dont l’efficacité à long terme dépendra de réformes économiques plus profondes et structurelles.

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