Kinshasa-Transport : Les contrôles routiers simultanés inquiètent les usagers

Par Osée KABAMBA

Le lancement du contrôle des certificats lors des contrôles techniques, ce mardi 18 septembre à Kinshasa, couplé au contrôle des permis de conduire biométriques et des plaques d’immatriculation, a fortement perturbé le trafic déjà dense dans la capitale congolaise.

Un contrôle simultané qui provoque des embouteillages

Cœur battant de la ville, la commune de la Gombe a vu affluer de nombreux travailleurs et commerçants à pied. La faible présence dans les artères de la capitale des bus et taxis-bus dédiés au transport en commun en est, à priori, la principale cause. À cela s’ajoutent des embouteillages monstres ainsi que la flambée des prix des motos-taxis, considérées comme une alternative pour les usagers des transports.

« C’est un véritable calvaire que nous avons vécu. Depuis tôt ce matin, il n’y avait pas de transport. Les bus sont très rares. On ne voit aucun point de contrôle fixe, mais les conducteurs habituels sont absents. J’ai été obligé de faire le trajet à pied jusqu’au centre-ville pour rejoindre mon bureau. J’ai perdu plus d’une heure et j’étais en retard à une réunion importante ; plusieurs collègues ont connu la même galère », témoigne un usager.

De leur côté, les associations pour la défense des droits des chauffeurs continuent de mobiliser les conducteurs afin d’éviter qu’ils ne s’exposent aux sanctions prévues par la loi.

Perceptions contrastées des contrôles routiers

Dans un communiqué signé le 11 novembre dernier, le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, avait instruit les agents de la police de sécurité routière de procéder au contrôle systématique « sur l’ensemble du réseau routier national ».

Au sein de la population, les contrôles lancés simultanément, tant au niveau national que provincial, sont mal perçus. Emmanuel, jeune étudiant à la faculté de droit de l’UPC, explique : « Les initiatives prises sont louables, car elles visent à veiller à la qualité des engins dédiés au transport et à assurer la sécurité des populations usagères de ce moyen de transport. Mais la multitude des contrôles n’arrange guère les choses. Le transport coûte de plus en plus cher et nous avons du mal à arriver à l’heure. Plusieurs artères sont déjà en réhabilitation. Cela ne fait que compliquer la circulation. À cela vont certainement s’ajouter des tracasseries routières de la part des agents. Les autorités doivent veiller à ce que ce contrôle ne dérape pas ».

Entre obligation et contestation

Alors que les précédents contrôles techniques des véhicules ont été entachés de plusieurs irrégularités, durant cette nouvelle campagne de contrôle technique les autorités provinciales veulent corriger les erreurs du passé. Pour ce faire, des agents de la Régie des fourrières et du contrôle technique des véhicules de Kinshasa, ceux du ministère provincial des Transports ainsi que les experts de la division urbaine des Transports ont été dépêchés dans différents centres de contrôle technique des véhicules, dans le but de renforcer la transparence des opérations et d’harmoniser les procédures.

Initialement prévu le 3 novembre, l’exécutif provincial avait accordé un moratoire de deux semaines, soit jusqu’au 17 novembre. Le recouvrement des certificats de contrôle technique a été de nouveau reporté pour le mardi 18 novembre en raison de la caravane organisée par le président de la République à l’occasion de la victoire de la sélection congolaise à la finale des barrages africains pour la Coupe du monde 2026.

Mais plusieurs semaines avant, la Régie des fourrières et de contrôle technique des véhicules de Kinshasa avait alerté les automobilistes sur la nécessité de passer le contrôle technique obligatoire dans les centres agréés à Kinshasa. Sur le terrain, certains chauffeurs se plaignent souvent des tarifs, qu’ils jugent exorbitants.

La réalité est préoccupante. Chaque jour, dans les rues de la capitale, circulent des taxis, bus et minibus aux freins usés, aux phares défectueux ou aux moteurs fumants. Des véhicules vétustes qui transportent pourtant des milliers de Kinois dans des conditions souvent précaires. D’où la nécessité, pour le gouvernement, de garantir la sécurité des usagers de la route en s’assurant du bon état mécanique des véhicules, afin que la route cesse d’être un danger permanent pour les usagers.

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