Le projet de centrale hydroélectrique de Kinsuka, évalué à 2,8 milliards de dollars américains, a été au centre des échanges lors de la 77ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 6 février 2026.
À cette occasion, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a officiellement sollicité l’accompagnement du gouvernement afin de franchir les dernières étapes menant au lancement effectif des travaux.
Kinsuka Power : une joint-venture au cœur du projet
Dans une note d’information soumise au Conseil, le ministre a détaillé l’état d’avancement du projet porté par Kinsuka Power, une joint-venture regroupant :
- Great Lake Energy (GLE), société de l’entrepreneur congolais Yves Kabongo ;
- Le Groupe Forest, à travers sa filiale spécialisée Congo Energy.
Selon les éléments présentés, le projet a déjà rempli l’ensemble des exigences administratives et réglementaires nécessaires à l’entrée en phase de production électrique, marquant ainsi une étape décisive dans sa maturation.
Une capacité de production majeure pour la capitale
D’après les précisions apportées par la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yolande Élebe Motingiya, porte-parole du gouvernement pour cette réunion, la future centrale de Kinsuka devrait produire en moyenne 7 450 gigawattheures par an.
La durée des travaux est estimée à cinq ans, au terme desquels Kinshasa bénéficierait d’un apport énergétique significatif, susceptible de transformer durablement le paysage électrique de la capitale.
Réduction du déficit énergétique et stimulation de l’économie locale
Présenté comme un projet structurant, Kinsuka ambitionne de répondre à plusieurs défis majeurs :
- Réduire le déficit chronique en électricité à Kinshasa ;
- Stabiliser la fourniture énergétique aux ménages et aux services publics ;
- Soutenir les activités économiques, industrielles et commerciales ;
- Renforcer la sécurité énergétique nationale, grâce à une source renouvelable et compétitive.
Ce projet s’inscrit ainsi dans une vision de long terme visant à soutenir l’industrialisation et l’amélioration du cadre de vie urbain.
Un projet aligné sur le Compact Énergie RDC
Le développement de la centrale de Kinsuka est également cohérent avec les objectifs du Compact Énergie RDC, qui vise l’augmentation rapide de l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire national.
À ce titre, l’appui du gouvernement est jugé déterminant pour lever les derniers verrous institutionnels, mobiliser les partenaires techniques et financiers, et enclencher la phase opérationnelle du projet.
Cartographie énergétique et minière : un nouvel outil d’aide à la décision
Le second axe de la note présentée au Conseil des ministres a porté sur la mise en place d’une carte intégrée des sites énergétiques et miniers de la République démocratique du Congo.
Cet outil de planification stratégique permet une analyse spatiale croisée des ressources, destinée à :
- Faciliter la planification industrielle ;
- Orienter les investissements énergétiques ;
- Servir de base de dialogue avec les bailleurs de fonds, partenaires multilatéraux et investisseurs privés.
Vers une synergie renforcée entre Énergie et Mines
La superposition des données énergétiques et minières constitue un atout majeur pour les producteurs indépendants d’électricité (IPP), notamment dans les zones à forte activité minière.
Dans cette optique, Aimé Molendo Sakombi a plaidé pour une coordination accrue entre son ministère et celui des Mines, afin de promouvoir cet outil stratégique et favoriser l’émergence de projets conjoints énergie–mines, essentiels à la compétitivité du secteur extractif.
Le Conseil des ministres prend acte
Au terme des discussions, le Conseil des ministres a pris acte de la note d’information relative au projet de Kinsuka et à la cartographie intégrée.
Par ailleurs, les membres du gouvernement ont également approuvé le relevé des décisions issues de la 76ᵉ réunion ordinaire, tenue le 30 janvier 2026.
Fulgence Milay















