Dossier PayServices : le gouvernement congolais rejette toute responsabilité et prépare sa défense

Par Charly Makansia

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo est sorti de son silence face aux informations relayées par Africa Intelligence concernant le contentieux l’opposant à la société américaine PayServices. Dans un communiqué publié le 14 janvier 2026, le ministère des Finances a tenu à apporter des clarifications, dénonçant des allégations « unilatérales » formulées par une partie privée dans le cadre d’une procédure judiciaire encore pendante aux États-Unis.

Aucune décision judiciaire définitive à ce stade

Selon le ministère, aucun jugement définitif n’a, à ce stade, établi une quelconque responsabilité de l’État congolais ou de ses institutions. Les autorités congolaises contestent formellement les prétentions de PayServices et affirment qu’elles feront valoir l’ensemble de leurs moyens de défense devant les juridictions compétentes.

Des accords à caractère exploratoire sans engagement financier

Sur le fond, le ministère précise que les relations entre certaines entités publiques congolaises et PayServices, sous le gouvernement Sama Lukonde II, se sont limitées à des protocoles d’accord et mémorandums d’entente à caractère exploratoire, dans le cadre d’un projet de digitalisation de services publics. Ces documents, souligne-t-il, n’avaient aucune portée financière et ne pouvaient, en droit congolais, engager le Trésor public. Aucun décaissement, transfert de fonds ni engagement budgétaire n’a été effectué par l’État.

Une réclamation financière jugée sans base légale

Concernant la réclamation de 20 millions de dollars américains formulée par la société, le ministère des Finances indique l’avoir rejetée pour absence de base légale. Cette décision s’appuie notamment sur des interdictions prononcées par plusieurs autorités bancaires et judiciaires américaines, qui ont restreint les activités de PayServices, ainsi que sur la non-conformité des accords invoqués avec la loi congolaise relative aux finances publiques.

Rejet catégorique des accusations de corruption

Le gouvernement rejette par ailleurs toute accusation de corruption liée à ce dossier, affirmant qu’aucun avantage indu n’a été sollicité, promis ou versé à un agent public congolais. Il invite toute partie se prévalant de preuves à les soumettre aux autorités judiciaires compétentes.

La défense de l’intérêt général et des finances publiques

Alors que la procédure contentieuse suit son cours devant les juridictions américaines, les autorités congolaises réaffirment leur attachement à la légalité, à la transparence et à la bonne gouvernance. Kinshasa assure rester ouverte aux investisseurs respectueux du cadre juridique, tout en affirmant sa détermination à défendre l’intérêt général et à préserver les finances publiques dans ce dossier sensible, dont l’issue dépendra désormais des décisions judiciaires à venir.

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