Le ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, a annoncé cette semaine la reprise progressive et encadrée des exportations de cobalt, après plusieurs mois de perturbations liées aux contraintes réglementaires, aux exigences de traçabilité et aux tensions dans certaines zones minières de l’Est.
Cette décision, très attendue par les opérateurs du secteur, intervient au terme d’une série de consultations techniques entre le gouvernement, les entreprises minières industrielles, les coopératives d’exploitation artisanale et les partenaires internationaux engagés dans la lutte contre les minerais de conflit.
Un retour aux exportations sous conditions strictes
Selon le ministre, la reprise ne sera ni automatique ni totale. Elle s’effectuera dans le cadre d’un dispositif renforcé de contrôle, afin de garantir que le cobalt exporté par la République démocratique du Congo respecte les normes internationales de conformité, de transparence et d’origine responsable.
Louis Watum Kabamba a insisté sur trois points majeurs :
- Traçabilité obligatoire
Toutes les cargaisons devront désormais être accompagnées d’un dossier complet de traçabilité, incluant l’origine précise du minerai, les chaînes de traitement et les contrôles effectués par les services habilités. - Zones rouges encore sous interdiction
Les sites des territoires de Masisi et Kalehe, classés « zones rouges » par le ministère des Mines, restent interdits d’exploitation pour une période supplémentaire de six mois, le temps de sécuriser les zones et de remettre en ordre la chaîne d’approvisionnement. - Renforcement des capacités des services de l’État
Des équipes mixtes, Mines, Commerce extérieur, DGDA, CEEC, travailleront désormais ensemble afin de réduire les fraudes, d’accélérer les procédures et de fiabiliser les statistiques d’exportation.
Un signal fort pour le marché mondial du cobalt
Avec près de 70 % des réserves mondiales et un rôle central dans la transition énergétique mondiale, la RDC demeure l’acteur incontournable du marché du cobalt. Les restrictions sur les exportations avaient contribué à :
accentuer la pression sur les prix internationaux,
ralentir l’activité de plusieurs entreprises locales,
fragiliser les coopératives artisanales.
La décision annoncée par le ministre Watum Kabamba vise donc à rétablir l’équilibre entre les impératifs économiques et la gouvernance responsable du secteur minier, un enjeu stratégique pour le pays.
L’alignement avec les exigences internationales
Le ministre a rappelé que la RDC doit répondre aux attentes des partenaires internationaux, en particulier sur :
la lutte contre le travail des enfants,
la sécurité dans les zones minières,
la certification des flux de minerais critiques,
la coopération avec les organismes comme l’ITSCI et l’OCDE.
C’est dans cette logique que s’inscrit la reprise des exportations : un cobalt propre, contrôlé et certifié.
Les opérateurs miniers entre soulagement et vigilance
Les entreprises minières ont salué la décision, tout en appelant le gouvernement à :
stabiliser le cadre fiscal,
rester cohérent dans l’application des mesures,
améliorer les infrastructures logistiques, notamment les corridors d’exportation.
Plusieurs experts du secteur estiment que cette reprise progressive pourrait redynamiser l’économie congolaise, dans un contexte où le pays cherche à attirer de nouveaux investissements et à renforcer sa position géopolitique dans les chaînes de valeur des batteries électriques.
Un tournant pour la filière cobalt
Avec cette annonce, le ministère des Mines envoie un signal clair : la RDC ne veut plus être seulement un fournisseur de matières premières, mais un acteur structuré, respecté et engagé dans la gouvernance équitable de ses ressources.
Louis Watum Kabamba a conclu en affirmant que « la reprise des exportations n’est pas un retour en arrière, mais un pas en avant vers une filière modernisée, responsable et compétitive ».



















