RDC : Kinshasa annonce la démobilisation des FDLR, une étape décisive dans l’application de l’accord de paix de Washington

Par Fulgence Milay

Le Gouvernement congolais affirme avoir franchi une étape majeure dans la mise en œuvre de l’accord de paix conclu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous la médiation des États-Unis.

Lors du briefing presse du mardi 28 juillet, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a annoncé que le leadership politique et militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a signé un protocole officiel de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement.

Selon le ministre, cette adhésion marque une avancée significative dans l’exécution des engagements sécuritaires pris par Kinshasa dans le cadre des Accords de Washington. Le protocole s’inscrit dans le prolongement du Concept des opérations (CONOPS), qui prévoit la neutralisation des FDLR parallèlement au désengagement des forces rwandaises présentes sur le territoire congolais.

Les engagements réciproques de la RDC et du Rwanda rappelés

Dans un souci de pédagogie, Floribert Anzuluni est revenu sur les principales dispositions de l’accord signé le 4 décembre à Washington.

Il a rappelé que le Rwanda s’était engagé à retirer l’ensemble de ses troupes du territoire congolais, tandis que la RDC avait accepté de neutraliser les groupes armés rwandais opérant sur son territoire, principalement les FDLR, que Kigali considère comme une menace pour sa sécurité.

Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement congolais avait privilégié une approche graduelle. Une première phase reposait sur la sensibilisation afin d’obtenir une reddition volontaire des combattants. En cas d’échec, une seconde phase prévoyait leur neutralisation par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

La pression militaire a favorisé les négociations

Le ministre a indiqué que l’absence de résultats lors de la phase de sensibilisation avait conduit les autorités congolaises à déployer, dès le mois de mars, deux bataillons des FARDC dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu.

Cette pression militaire, a-t-il expliqué, a contribué à accélérer les discussions avec les responsables des FDLR, aboutissant à la signature du protocole de démobilisation.

Le document repose sur deux principes fondamentaux : le respect intégral des Accords de Washington et de leur plan opérationnel (CONOPS), ainsi que la lutte contre l’impunité. Les combattants impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou d’autres violations graves du droit international devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

Six zones stratégiques identifiées dans l’Est de la RDC

Floribert Anzuluni a également détaillé la cartographie des zones concernées par les opérations de neutralisation.

D’après lui, six zones d’intérêt ont été identifiées conjointement par la RDC, le Rwanda et les partenaires de la facilitation internationale. Cinq d’entre elles se situent dans les territoires actuellement occupés par les forces rwandaises et leurs alliés de l’AFC/M23, principalement au Nord-Kivu ainsi que dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.

La seule zone demeurée sous contrôle effectif des FARDC est celle du Grand Nord, incluant Walikale. C’est dans cet espace que l’armée congolaise a concentré ses opérations ayant conduit à l’ouverture des négociations avec les FDLR.

Kinshasa accuse Kigali d’instrumentaliser le dossier FDLR

Au cours de son intervention, le ministre de l’Intégration régionale a dénoncé ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la question des FDLR par le Rwanda.

Selon lui, Kigali utilise depuis plusieurs années la présence résiduelle de ce mouvement armé comme justification de son implication militaire dans l’Est de la RDC, alors que ses véritables motivations seraient liées au contrôle et à l’exploitation illicite des ressources naturelles congolaises.

Floribert Anzuluni a soutenu que les autorités rwandaises ont elles-mêmes reconnu que la capacité de nuisance des FDLR est aujourd’hui devenue marginale.

Le Gouvernement réaffirme sa volonté de respecter l’accord de Washington

Le ministre a assuré que la République démocratique du Congo poursuivra la mise en œuvre de l’ensemble des engagements souscrits dans le cadre des Accords de Washington.

Pour Kinshasa, la démobilisation des FDLR constitue une étape essentielle vers le retrait des forces rwandaises, la stabilisation durable de l’Est du pays et le retour d’une paix définitive dans la région des Grands Lacs. Les partenaires du processus ont d’ailleurs réaffirmé, lors de la dernière réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité tenue à Genève, leur volonté d’accélérer simultanément la neutralisation des FDLR et le désengagement des forces rwandaises.

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