Intervenant au Congrès de l’Ordre national des experts-comptables (ONEC), le professeur William Mbuyamba, secrétaire général du Conseil permanent de la comptabilité au Congo (CPCC), a défendu une réforme en profondeur de la profession comptable en République démocratique du Congo. Il a présenté plusieurs pistes visant à renforcer la transparence financière, à moderniser les pratiques comptables et à faire de l’expertise comptable un véritable moteur de la croissance économique.
S’inspirer des meilleures pratiques internationales
Abordant le thème « Structuration et modernisation de la profession comptable en République démocratique du Congo : un levier pour la croissance et la transparence », le professeur William Mbuyamba a souligné que l’expert-comptable constitue un partenaire stratégique du développement économique et de la bonne gouvernance financière.
Selon lui, la profession congolaise doit poursuivre sa modernisation en s’inspirant des expériences réussies observées notamment en France, en Belgique et aux États-Unis. Cette démarche, fondée sur le mimétisme institutionnel et l’adaptation au contexte national, permettrait à l’ONEC de consolider ses acquis tout en répondant aux nouvelles exigences internationales.

Des avancées déjà enregistrées
Le secrétaire général du CPCC a salué les progrès accomplis par l’ONEC depuis sa création. Il a notamment rappelé que l’organisation est devenue membre associé de la Fédération internationale des comptables (IFAC), une reconnaissance qui traduit les efforts consentis pour se conformer aux normes internationales de la profession.
Pour lui, cette étape témoigne de la rigueur et de l’engagement de l’Ordre en faveur d’une gouvernance professionnelle crédible. Il a toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes afin de renforcer davantage la qualité des services comptables et financiers.
Le numérique au service de la transparence
Parmi les recommandations formulées, le professeur Mbuyamba a préconisé l’introduction des fichiers électroniques des écritures comptables (FEC), à l’image du système appliqué en France. Un tel dispositif faciliterait les contrôles fiscaux, améliorerait les déclarations fiscales et renforcerait le travail des experts-comptables.
Il a également mis en avant les opportunités offertes par la transformation numérique et l’intelligence artificielle, estimant que ces outils constituent désormais des leviers essentiels pour accroître l’efficacité et la valeur ajoutée de la profession.

Vers une meilleure organisation de la profession
Enfin, le professeur William Mbuyamba a plaidé pour une distinction plus claire entre les commissaires aux comptes, chargés de l’audit légal, et les experts-comptables exerçant des missions de conseil et d’accompagnement des entreprises.
Il a relevé qu’en RDC, ces différentes professions sont encore regroupées au sein d’une même organisation, contrairement à certains pays où leurs missions sont clairement différenciées. Une telle évolution, a-t-il conclu, contribuerait à renforcer la discipline professionnelle, la spécialisation des métiers et la crédibilité de la profession comptable congolaise.















