Présidant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la République démocratique du Congo a mis à profit cette tribune internationale pour porter une nouvelle vision de la gouvernance des ressources naturelles.
Dans une adresse prononcée au nom du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé la communauté internationale à considérer les ressources naturelles comme des leviers de souveraineté, de développement durable et de paix. Pour concrétiser cette ambition, la RDC a présenté six axes prioritaires destinés à refonder la gouvernance mondiale des ressources stratégiques.
Les ressources naturelles, au-delà des simples marchandises
New York, 22 juillet 2026, la République démocratique du Congo a marqué sa présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies par une prise de position forte sur la gouvernance mondiale des ressources naturelles. À travers la voix de sa ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, Kinshasa a proposé une nouvelle doctrine appelant à repenser le rôle des ressources naturelles dans les relations internationales.
S’exprimant au nom du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la cheffe de la diplomatie congolaise a soutenu que les ressources naturelles ne peuvent plus être réduites à leur seule valeur commerciale.
« Elles ne doivent plus être de simples marchandises. Elles sont des enjeux de souveraineté, des leviers de développement et des biens stratégiques dont dépendent la stabilité de nos États et l’avenir de nos sociétés », a-t-elle fait valoir.
Cette approche défendue par la RDC vise à replacer les ressources minières, énergétiques et forestières au centre des enjeux de paix, de sécurité internationale et de développement durable.
Six axes pour une nouvelle gouvernance mondiale
Pour donner corps à cette nouvelle vision, Kinshasa a présenté six axes prioritaires devant guider l’action internationale.
Le premier repose sur la reconnaissance des ressources naturelles comme des biens stratégiques liés à la souveraineté des États. Le deuxième met l’accent sur le renforcement de la transparence et de la traçabilité des chaînes d’approvisionnement afin de garantir une exploitation responsable.
Le troisième axe concerne la lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, considérée comme l’un des facteurs qui alimentent les conflits armés et l’instabilité dans plusieurs régions du monde.
Le quatrième vise à promouvoir une meilleure redistribution des bénéfices issus de l’exploitation des ressources afin qu’ils contribuent davantage au développement des communautés locales.
Le cinquième axe encourage la transformation locale des matières premières pour créer davantage de valeur ajoutée, soutenir l’industrialisation et favoriser la création d’emplois.
Enfin, le sixième appelle à une coopération internationale renforcée basée sur des partenariats équitables, le respect de la souveraineté nationale et la prévention des crises liées aux ressources naturelles.

Faire des ressources naturelles un instrument de paix
Au cours de son intervention, Thérèse Kayikwamba Wagner a insisté sur le fait que les ressources naturelles ne constituent pas intrinsèquement une source de conflit. Selon la position défendue par Kinshasa, ce sont plutôt leur mauvaise gouvernance, leur exploitation clandestine et leur instrumentalisation qui transforment ces richesses en facteurs d’instabilité.
La RDC, riche en minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique mondiale, entend ainsi promouvoir une approche où l’exploitation des ressources profite directement au développement économique et social des populations.
Kinshasa veut replacer la souveraineté économique au cœur du débat international
À travers cette initiative portée devant le Conseil de sécurité, la République démocratique du Congo ambitionne de faire évoluer le regard de la communauté internationale sur les ressources naturelles.
Pour Kinshasa, ces richesses doivent cesser d’être perçues uniquement comme des matières premières destinées aux marchés mondiaux. Elles doivent devenir des instruments de transformation économique, de stabilité politique et de paix durable.
Cette position s’inscrit dans la volonté de la RDC de jouer un rôle moteur dans les discussions internationales sur la gouvernance des ressources stratégiques, en défendant une approche qui associe souveraineté, développement et sécurité.















