RDC : Guy Loando mise sur le dialogue institutionnel et la modernisation du travail parlementaire

Par Fulgence Milay

Évaluation de la première année du Gouvernement Suminwa II : le ministre d’État aux Relations avec le Parlement met en avant la prévention des crises institutionnelles, le renforcement des capacités et l’amélioration de la gouvernance publique.

Dans le cadre de l’évaluation de la première année d’exercice du Gouvernement Suminwa II, le ministre d’État, ministre des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, a présenté les principales actions menées par son ministère. Au cœur de son bilan figurent le renforcement du dialogue entre l’exécutif et le législatif, la prévention des crises institutionnelles et la modernisation des pratiques parlementaires en République démocratique du Congo (RDC).

Pour le membre du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la coopération entre les institutions constitue un facteur déterminant pour assurer leur bon fonctionnement et favoriser la mise en œuvre des politiques publiques. Il estime que la séparation des pouvoirs ne doit pas empêcher les institutions de collaborer dans le respect de leurs prérogatives constitutionnelles.

« Le Parlement vote les lois et contrôle le gouvernement, tandis que l’exécutif assure la mise en œuvre des politiques publiques », a-t-il rappelé, soulignant le rôle de son ministère en tant qu’interface entre les deux institutions.

Dialogue entre l’exécutif et le Parlement : prévenir les tensions institutionnelles

Le ministère des Relations avec le Parlement assure notamment le suivi de l’agenda législatif, accompagne les membres du gouvernement lors des interpellations parlementaires et facilite la défense des projets de loi devant les députés nationaux et les sénateurs.

Dans un contexte marqué par des tensions autour de la loi d’habilitation, Guy Loando Mboyo a indiqué que des efforts avaient été déployés pour fluidifier les échanges entre les deux pouvoirs. Il a notamment évoqué son accompagnement de plusieurs membres du gouvernement lors des exercices de contrôle parlementaire.

L’objectif, selon lui, est de faire du contrôle parlementaire un mécanisme de redevabilité républicaine plutôt qu’une source permanente de confrontation. Cette approche vise à préserver la stabilité des institutions tout en garantissant aux élus l’exercice de leurs prérogatives constitutionnelles.

Le ministre d’État a également mis en avant la collaboration de son ministère avec celui de l’Intérieur dans la recherche de solutions aux crises opposant certains exécutifs provinciaux aux assemblées provinciales. Ces différends, a-t-il expliqué, découlent souvent d’incompréhensions ou de rivalités politiques susceptibles de perturber le fonctionnement des institutions locales.

Face à ces situations, son ministère privilégie l’identification des causes des tensions, la concertation entre les parties et la recherche de solutions par le dialogue. Guy Loando Mboyo a, dans ce cadre, rappelé que les députés provinciaux disposent, au même titre que les députés nationaux, du droit de demander des comptes aux responsables publics sur leur gestion.

Académie parlementaire : renforcer les compétences des acteurs institutionnels

Parmi les initiatives présentées figure la création de l’Académie parlementaire en RDC. Cette structure ambitionne de mettre en place un cadre permanent de formation destiné aux acteurs intervenant dans le processus parlementaire.

Au-delà des députés nationaux et des sénateurs, l’Académie entend également accueillir les assistants parlementaires, les journalistes, les membres de la société civile ainsi que toute personne souhaitant approfondir sa compréhension du fonctionnement du Parlement.

Les formations prévues porteront notamment sur les procédures législatives, le fonctionnement des commissions, les séances plénières et les mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale. L’ambition est d’améliorer les compétences des bénéficiaires et de contribuer à la qualité du travail parlementaire ainsi qu’à une meilleure gouvernance publique.

Contrairement aux formations ponctuelles, le dispositif devrait proposer des parcours structurés en plusieurs modules, avec des crédits de formation déterminés en fonction du volume horaire et des enseignements suivis, selon une logique compatible avec le système Licence-Master-Doctorat (LMD).

La modernisation du travail parlementaire passe également, selon le ministre d’État, par le recours aux outils numériques et à l’intelligence artificielle. Cette orientation vise à adapter les compétences des acteurs institutionnels aux évolutions technologiques et aux exigences contemporaines du travail législatif.

Réformes sectorielles : la solidarité gouvernementale mise en avant

Abordant la prise en charge des réformes sectorielles et des projets de recherche par le Parlement, Guy Loando Mboyo a insisté sur le principe de solidarité gouvernementale. Celui-ci implique, selon lui, une convergence des actions ministérielles vers un objectif commun : l’amélioration des conditions de vie de la population congolaise.

Dans ce cadre, son ministère assure le suivi des textes transmis au Parlement, depuis leur examen en commission jusqu’à leur adoption, en passant par les différentes étapes de la procédure législative. Il accompagne également les membres du gouvernement appelés à répondre aux préoccupations des parlementaires.

Le ministère veille par ailleurs, dans les limites de ses attributions, à faciliter la prise en compte des besoins sectoriels lors de l’examen du budget de l’État, dans le respect des mécanismes de contrôle parlementaire.

Cap sur les priorités présidentielles et le programme gouvernemental 2024-2028

Pour la suite de son mandat, Guy Loando Mboyo a réaffirmé son engagement à poursuivre la mise en œuvre des six priorités définies par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de son investiture, ainsi que du programme gouvernemental couvrant la période 2024-2028.

Le ministre d’État entend ainsi consolider le dialogue entre le gouvernement et le Parlement, prévenir les crises institutionnelles et contribuer à la transformation des attentes de la population en résultats concrets.

Il a enfin souligné l’importance de la redevabilité gouvernementale et de l’écoute des aspirations des Congolais, présentées comme des éléments essentiels au renforcement du fonctionnement démocratique des institutions en République démocratique du Congo.

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