Plainte de PayServices contre la RDC : Patrick Mpiana dénonce un acte de chantage

Par Charly Makansia

Alors que le contentieux opposant la République démocratique du Congo (RDC) à la société américaine PayServices continue de susciter de vives réactions, l’analyste économique Patrick Mpiana monte au créneau. Il qualifie la démarche de l’entreprise de « chantage », estimant que le contexte actuel est défavorable à toute tentative de pression sur l’État congolais.

Une stratégie de déstabilisation plus qu’un véritable recours juridique

Pour l’économiste, les accusations faisant état de supposées interférences politiques relèvent davantage d’une manœuvre de déstabilisation que d’une démarche juridique crédible. Il s’interroge notamment sur la mise en avant de noms de personnalités congolaises dans ce dossier, y voyant une volonté manifeste d’exercer une pression politique et médiatique.

« Pourquoi citer des individus, sinon pour créer un effet de levier et intimider ? », s’interroge-t-il,
tout en soulignant que la RDC n’évolue plus dans une posture de vulnérabilité institutionnelle.

Un timing jugé suspect dans un nouveau contexte

RDC–États-Unis
Patrick Mpiana replace cette affaire dans un cadre plus large, marqué par le rapprochement stratégique et économique entre la RDC et les États-Unis. Selon lui, le choix du moment pour introduire cette plainte n’est pas anodin et pourrait viser à perturber un climat d’affaires qu’il juge désormais plus structuré, plus rigoureux et plus exigeant.

« Nous ne sommes plus une république bananière »,
martèle-t-il, affirmant que la RDC entend désormais faire respecter ses règles, ses lois et ses institutions.

Un passif réglementaire lourd pour PayServices

Sur le plan strictement économique et réglementaire, l’analyste rappelle que PayServices faisait déjà l’objet, dès 2022, de procédures et de restrictions aux États-Unis, notamment de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed). Un passif qu’il qualifie de lourd et qui, selon lui, fragilise sérieusement la crédibilité de la société.

« Lorsqu’une entité est déjà suspectée d’irrégularités par les autorités de régulation, toute tentative ultérieure d’opération financière devient hautement risquée »,
explique-t-il.

Des risques financiers majeurs pour l’État congolais

Patrick Mpiana met également en garde contre les conséquences financières potentiellement désastreuses pour un État qui s’associerait à des partenaires en délicatesse avec les régulateurs internationaux. Il cite, à titre d’exemple, les lourdes amendes infligées à certaines institutions européennes pour non-respect des règles de la Fed.
Selon lui, la RDC aurait pu s’exposer à des sanctions se chiffrant en milliards de dollars si elle avait donné suite aux sollicitations de PayServices.

Un appel à la fermeté et à la défense de la souveraineté économique

Dans ce contexte, l’analyste appelle à la vigilance, à l’unité nationale et à la fermeté des autorités congolaises. Pour lui, la défense de la souveraineté économique et de la crédibilité financière du pays passe par le rejet sans ambiguïté de toute tentative d’escroquerie ou de pression déguisée en contentieux judiciaire.

« La RDC doit se protéger et assumer pleinement ses choix »,

conclut-il, convaincu que cette affaire constituera un test majeur de la maturité institutionnelle et économique du pays.

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