Le Forum international des affaires Makutano a clos ses travaux ce mercredi 26 novembre à Kinshasa par un panel de haut niveau consacré à l’une des questions les plus stratégiques pour l’avenir de la République démocratique du Congo : l’énergie.
Placée sous le thème « Toujours branchés sur le rêve d’Inga ou enfin connectés à la réalité ? », cette session a réuni décideurs publics, opérateurs privés, investisseurs, industriels miniers et institutions financières autour d’un débat franc et sans tabou.
Un diagnostic sans complaisance du secteur énergétique
Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, qui a conduit les échanges, a dressé un état des lieux précis du secteur. Il a annoncé un taux d’accroissement de l’électrification estimé à 21,5 %, un progrès notable mais encore loin des ambitions d’un pays au potentiel hydroélectrique inégalé.
Le ministre a également rappelé que le gouvernement a lancé plusieurs projets structurants visant à étendre l’accès à l’électricité dans le pays profond. Parmi eux, un vaste programme destiné à éclairer plus de 78 000 villages, appuyé par la construction de 26 ouvrages énergétiques en cours de réalisation. À terme, près d’un million de Congolais devraient bénéficier d’un accès direct et amélioré à l’électricité.
Énergie et mines : un tandem stratégique
Conscient du rôle majeur du secteur minier dans l’économie congolaise, Aimé Molendo Sakombi a mis en avant l’étude conjointe menée avec le ministère des Mines. L’objectif : établir des réponses concrètes et durables aux besoins énergétiques des opérateurs miniers, dont la fiabilité de l’approvisionnement reste un facteur déterminant de compétitivité.
Cette synergie interministérielle s’inscrit dans une vision globale visant à sécuriser les investissements et stimuler la transformation locale des minerais critiques, au cœur de la transition énergétique mondiale.
Le projet Inga : ambition ou mirage ?
Interrogé sur l’avenir du mythique projet Inga, souvent présenté comme l’un des plus grands potentiels hydroélectriques de la planète, le ministre s’est voulu rassurant. Pour lui, Inga n’est pas un rêve lointain, mais un projet bel et bien réaliste, porté notamment par l’engagement de la Banque mondiale qui finance une partie essentielle de son développement.
Il a rappelé que ce méga-projet demeure l’un des piliers de la vision énergétique nationale, destiné non seulement à alimenter les besoins internes, mais également à renforcer la position de la RDC comme acteur énergétique régional.
Répondre aux besoins : ménages, communautés, miniers
Au-delà des grandes annonces, ce panel a permis au ministre de clarifier les priorités du secteur :
Électrifier massivement les ménages,
Accompagner les communautés locales,
Fournir une énergie fiable et compétitive aux miniers, véritables locomotives de l’économie.
Le Forum Makutano a ainsi offert une plateforme d’échanges directs entre les parties prenantes, afin de rapprocher visions, attentes et solutions. Dans un pays où l’accès à l’électricité demeure l’un des défis majeurs du développement, ces discussions participent à tracer les contours d’un avenir énergétique plus cohérent, ambitieux et durable.




















