Régulation de la sous-traitance en RDC : l’ARSP affiche des résultats en forte croissance et trace des perspectives pour les PME

Par Fulgence Milay

Le Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a coanimé, lundi 27 avril 2026, un briefing presse aux côtés du Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, au studio Maman Angebi de la RTNC.

Cette rencontre avec les médias s’est articulée autour d’un thème central : la régulation de la sous-traitance en République démocratique du Congo, ses avancées concrètes, ses retombées économiques, ainsi que ses perspectives dans la construction d’une classe moyenne locale.

La sous-traitance, levier direct de création d’emplois

Dès l’ouverture des échanges, le Directeur général de l’ARSP a rappelé le rôle structurant de la sous-traitance dans l’économie nationale. Selon lui, ce mécanisme ne se limite pas à une simple relation contractuelle entre entreprises, mais constitue un véritable outil d’impact social.

En facilitant l’accès des PME congolaises aux marchés, la sous-traitance contribue directement à la création d’emplois et à la redistribution des richesses. Cette orientation s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui ambitionne de générer des milliers d’emplois pour les Congolais.

Une progression spectaculaire du chiffre d’affaires

L’ARSP a présenté un bilan chiffré couvrant la période allant de 2022 à 2025. Les données révèlent une évolution particulièrement significative du secteur.

À l’arrivée de l’actuelle équipe dirigeante, le volume d’affaires généré par la sous-traitance était estimé à environ 300 millions de dollars américains. En l’espace de quelques années, ce chiffre a connu une croissance exponentielle, dépassant les 2 milliards de dollars dès 2023.

Cette progression témoigne de l’efficacité des mécanismes mis en place pour structurer et encadrer le secteur, tout en renforçant la participation des entreprises locales dans les circuits économiques.

Le dialogue comme moteur de transformation

Parmi les facteurs clés de ces performances, l’ARSP met en avant une approche basée sur la concertation. Un dialogue soutenu a été instauré entre les grandes entreprises et les acteurs locaux, notamment avec la Fédération des Entreprises du Congo.

Cette dynamique a permis de dissiper les tensions initiales et de promouvoir une logique de partenariat plutôt que de confrontation. Les entreprises principales et les sous-traitants sont désormais encouragés à collaborer dans un esprit gagnant-gagnant, conformément à la législation en vigueur.

Des partenariats structurants et des emplois formalisés

Les efforts de régulation ont également favorisé l’émergence de nouveaux partenariats entre entreprises locales, mais aussi entre celles-ci et les grandes sociétés opérant en RDC.

Par ailleurs, l’enregistrement systématique des entreprises auprès des instances compétentes a contribué à une meilleure formalisation du secteur. Cette démarche a permis d’augmenter le nombre d’emplois déclarés, renforçant ainsi la transparence et la traçabilité des activités économiques.

Un autre progrès notable réside dans la collaboration entre l’ARSP et l’Office National de l’Emploi (ONEM), qui permet désormais un échange efficace des bases de données, facilitant le suivi des entreprises et des travailleurs.

Une couverture nationale au-delà du secteur minier

Contrairement à certaines perceptions, la sous-traitance ne concerne pas uniquement l’industrie minière. Le Directeur général de l’ARSP a insisté sur son caractère transversal, touchant l’ensemble des secteurs d’activités.

Dans cette optique, des missions de contrôle et de sensibilisation ont été menées dans plusieurs provinces du pays, notamment dans les régions du Katanga, du Kongo Central, du Kwilu, ainsi qu’à Mbuji-Mayi et au Kasaï Oriental.

Vers l’émergence d’une classe moyenne congolaise

Au-delà des chiffres, l’ambition affichée par les autorités est claire : faire de la sous-traitance un pilier de l’émergence économique nationale.

En structurant davantage le secteur et en favorisant l’accès des PME aux opportunités économiques, l’ARSP entend contribuer à la consolidation d’un tissu entrepreneurial solide, capable de soutenir la création d’une véritable classe moyenne en République démocratique du Congo.

Ce briefing aura ainsi permis de mettre en lumière non seulement les avancées réalisées, mais aussi les défis à relever pour pérenniser cette dynamique et maximiser son impact sur l’économie nationale.

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