Une vague d’indignation secoue la République démocratique du Congo après la diffusion virale d’une vidéo montrant un médecin en train de frapper violemment une patiente à l’hôpital général de référence de Kinkole, à Kinshasa.
Sur ces images largement relayées sur les réseaux sociaux, le praticien, identifié comme David Balangakayi, s’en prend physiquement à une femme, sous prétexte qu’elle n’aurait pas coopéré lors de son admission aux soins. La scène, jugée choquante, a suscité une avalanche de réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
Réaction immédiate du gouvernement
Face à l’ampleur du scandale, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba Mulamba, a exprimé sa consternation et annoncé des mesures fermes.
« Il y a une très grande tristesse. Ces images sont insupportables », a-t-il déclaré.
Le ministre affirme avoir immédiatement saisi l’Inspection générale de la santé, l’Ordre des médecins ainsi que le secrétariat général du secteur pour enclencher des sanctions.
« J’ai instruit personnellement que cette personne soit placée aux arrêts et qu’elle soit radiée de l’Ordre des médecins. Cette personne ne peut plus exercer la médecine en RDC », a-t-il martelé.
Il a également dénoncé de graves manquements éthiques, notamment le fait d’avoir filmé la patiente dans une situation de vulnérabilité.
« Le rôle du médecin est de soulager la souffrance, pas de l’infliger », a-t-il insisté.

Les autorités provinciales présentent leurs excuses
De son côté, le ministre provincial de la Santé de Kinshasa, Patricien Gongo Abakazi, a présenté des excuses publiques au nom de la profession médicale.
« Ce qui s’est passé à Kinkole a choqué tout le monde. Cela fait honte à notre corporation », a-t-il reconnu.
Il a assuré que des mesures disciplinaires sont en cours, précisant que le médecin est déjà en audition et devrait faire face à des poursuites.
« Nous plaidons pour sa radiation de l’Ordre des médecins afin que de tels actes ne se reproduisent plus », a-t-il ajouté.
Le ministre provincial a rappelé que les autorités congolaises œuvrent pour améliorer l’accès à des soins dignes, notamment à travers la politique de gratuité de la maternité prônée par le chef de l’État.
Une affaire révélatrice de dérives
Au-delà de l’émotion suscitée, cette affaire relance le débat sur le respect de l’éthique médicale et les conditions de prise en charge des patients en RDC.
L’usage de la violence dans un cadre hospitalier, combiné à la diffusion d’images portant atteinte à la dignité d’une patiente, constitue une violation grave des règles déontologiques et des droits humains.
Alors que les procédures judiciaires et disciplinaires suivent leur cours, de nombreux Congolais appellent à des sanctions exemplaires pour restaurer la confiance dans le système de santé.
Charly Makansia















