RDC : Formalisation des acteurs informels, la campagne prend forme à Kinshasa

Par Charly Makansia

La campagne de préenregistrement des acteurs de l’économie informelle, lancée officiellement le lundi 8 décembre dans le cadre du Programme national de formalisation de masse, se poursuit dans plusieurs communes de Kinshasa.
Selon le communiqué du ministère de l’Économie nationale, cette opération vise à identifier, intégrer et accompagnerles petits commerçants, artisans et prestataires de services afin de les inscrire durablement dans le circuit économique formel. Les informations sont collectées via une application numérique dédiée, par des agents enquêteurs formés et facilement reconnaissables grâce à leurs badges officiels et gilets de travail.

Sur le terrain : entre adhésion, prudence et quelques résistances

Dans la commune de Limete, où les équipes poursuivent les descentes, les enquêteurs affirment que les opérations avancent, malgré certaines difficultés à convaincre une partie des opérateurs informels.
Exaucé Bunakini, superviseur dans cette commune, décrit une situation parfois délicate :
« La situation devient un peu compliquée, on fait face à différents risques. Les opérations ne bougent pas toujours comme prévu, mais dans l’ensemble, ça va », confie-t-il.

Malgré ces défis, la campagne reçoit un accueil globalement positif auprès de nombreux commerçants. Plusieurs opérateurs rencontrés saluent une initiative qu’ils jugent inédite et porteuse d’espoir.
« C’est la première fois que nous voyons le ministère de l’Économie s’intéresser à nous, ceux du secteur informel. C’est une très bonne chose. Il y a des avantages, et on va enfin recevoir des documents que nous n’avions pas », déclare une vendeuse.

Un enregistrement synonyme d’opportunités nouvelles

Le ministère rappelle que les données collectées sont sécurisées et qu’elles permettront aux opérateurs enregistrés d’accéder à plusieurs avantages majeurs, notamment :
la couverture santé universelle,
la protection sociale,
la formation professionnelle,
et l’accompagnement pour obtenir du crédit auprès des banques commerciales.

Les acteurs du secteur informel sont encouragés à présenter leur pièce d’identité et à se laisser photographier pour finaliser l’opération, en vue de l’obtention de leur attestation auprès du Guichet Unique de Création d’Entreprise (GUCE).
Au-delà du simple recensement, cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large : intégrer durablement l’économie informelle dans le système économique national, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour des milliers de petits opérateurs.

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