Clôture des concertations nationales sur le Programme Sino-Congolais : un cadre juridique revisité pour un partenariat stratégique renouvelé

Par Fulgence Milay

Le Directeur Général de l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC), Freddy Shembo Yodi, a clôturé le week-end dernier, au Village Venus dans la commune de la N’sele, les travaux de l’atelier national consacré à l’analyse approfondie de la Loi n°14/005 du 11 février 2014. Pendant plusieurs jours, experts, institutions publiques et parties prenantes ont revisité le socle juridique qui encadre le Programme Sino-Congolais, un mécanisme phare de coopération mis en œuvre depuis 2008 à travers la Convention de Collaboration et ses différents avenants, dont le très stratégique Avenant n°5.

Un rendez-vous stratégique pour un partenariat à haute valeur économique

Lancé le 17 novembre, l’atelier national a rassemblé autour d’une même table toutes les institutions et entités impliquées dans la mise en œuvre du Programme Sino-Congolais. Ce programme structurant, souvent perçu comme l’un des leviers économiques majeurs de la RDC, repose sur un modèle « infrastructures contre ressources » qui nécessite une gouvernance plus moderne, plus lisible et plus équitable.

La Loi 14/005, qui régit ces conventions, était au centre des discussions. Plus de dix ans après son adoption, elle devait être analysée à la lumière des enjeux actuels : équilibre contractuel, avantage comparatif pour la RDC, transparence dans l’exécution, suivi des investissements et optimisation de l’impact socio-économique.

Un examen technique pour renforcer la transparence et l’efficacité

Sous la conduite de l’APCSC, les experts ont passé en revue les points sensibles du cadre juridique : processus d’approbation, mécanismes de contrôle, gestion des flux financiers, obligations des partenaires privés et rôle de l’État dans le monitoring des projets.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’améliorer :

la traçabilité des investissements,

la qualité des infrastructures livrées,

la clarté dans l’application de l’Avenant n°5, souvent considéré comme le pivot de la redynamisation du Programme,

ainsi que le renforcement de la coordination interinstitutionnelle.

Ces travaux ont permis d’identifier des ajustements techniques susceptibles d’optimiser à la fois la gouvernance et l’impact concret du Programme sur la vie des Congolais.

Freddy Shembo : “Un moment crucial pour aligner le cadre juridique sur les ambitions nationales”

En clôturant les assises, le Directeur Général Freddy Shembo Yodi a salué la qualité des échanges et l’engagement de toutes les institutions présentes.
Il a souligné que la révision et la compréhension commune de la Loi 14/005 constituent « un pas déterminant vers une mise en œuvre plus cohérente, plus transparente et plus performante du Programme Sino-Congolais ».

Selon lui, le pays ne peut tirer pleinement profit de ses partenariats structurants que si les instruments juridiques et les mécanismes de suivi sont harmonisés, rigoureux et adaptés à l’évolution du contexte économique mondial.

Vers une relance stratégique du Programme Sino-Congolais

Au-delà de la révision juridique, cet atelier national marque un signal fort : la volonté de l’État congolais de reprendre la main sur les programmes d’envergure impliquant ses ressources stratégiques.

Les conclusions des travaux devraient nourrir de prochaines réformes, renforcer les négociations avec les partenaires privés et améliorer le pilotage global des projets d’infrastructures financés dans le cadre du partenariat sino-congolais.

En somme, Kinshasa cherche à réaffirmer ses intérêts, moderniser ses outils et garantir que chaque contrat contribue réellement à la transformation nationale.

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