La dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquée par la prise d’Uvira par les rebelles du M23, intervient dans un contexte diplomatique sensible, alors qu’un accord de paix venait d’être entériné à Washington entre Kinshasa et Kigali. Face à cette évolution préoccupante, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a exprimé la déception de son pays et réaffirmé l’engagement de Washington en faveur d’une résolution diplomatique du conflit.
La diplomate américaine a rappelé que les États-Unis avaient déjà dénoncé les violations sur le terrain à travers des déclarations officielles du secrétaire d’État américain et de l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies.
« Nous avons clairement condamné les actions sur le terrain et rappelé au gouvernement du Rwanda la nécessité de respecter les engagements pris à Washington le 4 décembre avec le président Donald Trump », a-t-elle déclaré.
Lucy Tamlyn a également réaffirmé le droit de la RDC à défendre son intégrité territoriale, tout en soulignant que la stabilité régionale passe par le respect strict des engagements réciproques contenus dans l’Accord de Washington.
« Nous sommes, comme vous, déçus de la situation actuelle. Mais nous allons continuer à travailler très étroitement avec tous les pays concernés pour que les engagements pris soient respectés », a-t-elle assuré.
La diplomate américaine a indiqué que Washington examine l’ensemble des outils à sa disposition : diplomatiques, bilatéraux et multilatéraux , y compris des sanctions, afin de garantir l’effectivité de l’accord. Elle a toutefois exclu toute option militaire.
« Il n’est pas question d’un déploiement de forces américaines. Cette crise doit être résolue par des moyens diplomatiques. Nous ne voyons pas de solution par les armes », a-t-elle insisté.
il sied de rappeler que l’Accord de Washington ne se limite pas à un volet sécuritaire. Il comprend également un pilier d’intégration économique régionale, considéré comme un levier majeur de stabilisation durable.
Le respect de l’accord est essentiel pour créer un environnement propice aux investissements, au développement des échanges transfrontaliers et à la mise en œuvre des projets économiques structurants prévus entre la RDC, le Rwanda et leurs partenaires. La poursuite des violences compromettrait non seulement la paix, mais aussi les perspectives économiques, notamment dans les secteurs des infrastructures, du commerce et des minerais stratégiques.















