Contrôles routiers : près d’un mois après, le plan de Bumba montre ses limites face aux réalités de Kinshasa

Près d’un mois après le lancement des contrôles de conformité par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, les acteurs du secteur des transports estiment que les résultats attendus n’ont pas été atteints.
Lancés dans le cadre de la grande campagne d’assainissement, les contrôles simultanés du permis de conduire, des différentes taxes routières, de l’autorisation de transport et du respect de la grille tarifaire, censés rétablir le civisme routier et désengorger les artères de la capitale, piétinent.

26 jours après le déploiement de 3 000 agents sur le terrain, commis au contrôle routier à Kinshasa, Éric Manianga, président de l’association des chauffeurs Mopila-Asbl et membre de la synergie des associations de défense des droits des chauffeurs, estime que le gouverneur de la ville doit changer son fusil d’épaule. Car, d’après lui, « les embouteillages n’ont pas diminué, la circulation n’est pas devenue fluide et les grandes artères ne sont pas désengorgées ».

À l’en croire, le problème de Kinshasa est structurel. Et cela exige des solutions durables et courageuses, entre autres : « la délocalisation et l’aménagement adéquat des arrêts et parkings, l’accélération des travaux de construction et de réhabilitation des routes, la mise en œuvre effective du Plan de Transport de Kinshasa, un investissement massif dans le transport de masse et une collaboration sincère avec les associations de chauffeurs ».

Dès son lancement, Éric Manianga proposait à l’exécutif provincial de reporter la date de contrôle des documents, initialement prévue pour le 26 janvier 2026, au 1er avril 2026, afin de permettre aux chauffeurs d’obtenir leurs documents librement.

Depuis le début, la décision du gouverneur Daniel Bumba n’avait pas trouvé d’écho favorable auprès des conducteurs des véhicules de transport en commun. Au sein des usagers des transports en commun, les opinions divergent. Si certains voient un semblant de réussite dans ce contrôle, d’autres, par contre, estiment que la rareté des taxis-bus depuis le déploiement des 3 000 agents de terrain a rendu les déplacements nettement plus compliqués.

Osée Kabamba

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