L’ambassadrice de la République démocratique du Congo aux États-Unis, Yvette Ngandu Kapinga, poursuit une démarche destinée à donner une traduction concrète aux engagements pris entre Kinshasa et Washington. En déplacement en Caroline du Nord, elle multiplie les échanges avec les autorités de l’État, les institutions éducatives, les entreprises et les partenaires communautaires, avec un accent particulier sur l’éducation, la formation, l’économie et l’innovation.
À Raleigh, cette mission s’inscrit dans le prolongement de l’accord signé en décembre 2025 entre la RDC et les États-Unis, présenté comme un cadre de coopération autour de la paix, du développement économique et de l’éducation. L’objectif affiché est désormais de passer des engagements diplomatiques à des actions concrètes sur le terrain.
L’éducation au cœur de la coopération
Première étape de cette démarche : les établissements d’enseignement supérieur et de formation technique. À Wake Technical Community College, l’ambassadrice congolaise a été reçue par les responsables de l’établissement. Elle a notamment été informée par le vice-président chargé du développement et des partenariats stratégiques, Matthew Matt Smith, sur les différents départements et capacités de cette institution de formation technique.
Cette immersion doit permettre d’identifier les modèles susceptibles d’être adaptés ou développés en RDC, notamment dans la formation professionnelle, les compétences techniques et la préparation des jeunes aux métiers d’avenir.
La mission de l’ambassadrice s’étend également aux universités et institutions de recherche de Caroline du Nord, un État reconnu pour ses capacités dans l’enseignement supérieur, la recherche, la médecine, les biotechnologies et les technologies avancées.

Des partenariats au-delà de la diplomatie
Yvette Ngandu Kapinga a également rencontré des responsables de l’État, des chefs d’entreprises, notamment ceux de The Tennie Group LLC, ainsi que des acteurs communautaires. Cette série de rencontres vise à identifier des possibilités de coopération et d’investissement susceptibles de bénéficier directement aux deux parties.
La Caroline du Nord constitue, à cet égard, un terrain particulièrement intéressant pour Kinshasa. L’État dispose d’un tissu universitaire et industriel important, d’un secteur technologique développé, d’institutions médicales et de recherche de premier plan ainsi que d’une agriculture dynamique.
Pour la partie congolaise, l’enjeu est donc de tirer profit de ces compétences pour renforcer les capacités nationales et favoriser le transfert de connaissances et de technologies.

De la paix à la création de valeur
Au-delà de l’éducation et du développement économique, la question de la paix demeure au centre du partenariat entre Kinshasa et Washington. La diplomatie américaine est reconnue pour son implication dans les efforts visant à parvenir à un règlement pacifique du conflit dans l’Est de la RDC.
L’accord signé à Washington le 4 décembre 2025 entre le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame, sous l’égide du président américain Donald Trump, est présenté comme une étape importante dans ce processus.
Mais pour Kinshasa, la signature des engagements ne suffit pas. Leur respect effectif sur le terrain demeure essentiel. L’ambassadrice appelle ainsi les responsables américains à contribuer à la mise en œuvre effective des engagements pris et à faire en sorte que les éventuelles violations entraînent des conséquences.

« De l’extraction à la transformation »
La RDC entend également tirer davantage profit de ses immenses ressources naturelles. Le pays possède notamment d’importantes réserves de cobalt, de cuivre, de lithium, de tantale et d’autres minerais critiques indispensables aux nouvelles technologies, aux batteries, aux véhicules électriques et à l’industrie moderne.
Mais l’ambition affichée est de dépasser le modèle fondé sur l’exportation des matières premières.
Il s’agit désormais de passer « de l’extraction à la transformation, de la fourniture de minerais à la création de valeur », afin de faire de la RDC un véritable partenaire dans les domaines de la technologie, de l’industrie et de l’innovation.
L’histoire du pays offre, à cet égard, un symbole particulièrement fort. L’uranium extrait à Shinkolobwe, dans l’actuelle province du Haut-Katanga, avait notamment contribué au projet Manhattan durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui encore, les ressources congolaises sont indispensables à plusieurs technologies qui façonnent l’économie mondiale.
Mais le paradigme pourrait changer : passer de la bombe aux batteries, de la guerre au développement, de l’extraction à la transformation et des ressources à une véritable prospérité.
La mission menée en Caroline du Nord apparaît ainsi comme une illustration de cette nouvelle approche : faire du partenariat RDC–États-Unis un levier concret pour l’éducation, les compétences, l’innovation, l’investissement et la transformation économique, tout en consolidant les efforts en faveur de la paix.















