Face à la persistance des poches d’insécurité dans le triangle Grand Bandundu–Kongo Central–Kinshasa, le Gouvernement congolais entend poursuivre son travail de restauration de l’autorité de l’État et de pacification des territoires affectés par les violences attribuées aux Mobondo. C’est dans cette perspective que le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, et le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens Combattants, Éliezer Charmant Ntambwe TAMBWE Mposhi, ont animé lundi à Kinshasa un briefing spécial consacré à la situation sécuritaire dans cette partie du pays.
Une rencontre placée sous le signe de la sécurité, mais aussi de la cohésion nationale, alors que Kinshasa cherche à consolider simultanément les fronts militaire, politique et diplomatique. Dans une République encore éprouvée par les violences armées, le Gouvernement veut apparaître comme un maçon qui reprend méthodiquement son ouvrage : pierre après pierre, territoire après territoire, institution après institution.
Restaurer l’autorité de l’État, pierre après pierre
Au cœur des échanges avec la presse : la situation dans les espaces touchés par les activités des Mobondo et les mesures prises pour permettre à l’État de reprendre pleinement sa place auprès des populations.
Pour les autorités, la pacification ne saurait se limiter à une réponse militaire. Elle implique également le retour effectif de l’administration publique, la sécurisation des populations, la réhabilitation des services de l’État et la reconstruction du lien de confiance entre les citoyens et les institutions.
C’est là tout le travail sur la pierre : identifier les fissures, les corriger et reconstruire sur des bases solides. Dans les zones fragilisées par les violences, la restauration de l’autorité publique apparaît ainsi comme un chantier multidimensionnel dans lequel la sécurité constitue le premier niveau de fondation.
Le Gouvernement entend donc poursuivre les efforts visant à créer les conditions d’un retour durable à la stabilité dans le Grand Bandundu et les territoires environnants.

La truelle politique pour cimenter la cohésion nationale
Dans son intervention, Patrick Muyaya a également placé la question du dialogue national au centre de la réflexion sur l’avenir politique du pays.
Pour le porte-parole du Gouvernement, le dialogue envisagé par les autorités doit avant tout permettre de rassembler les forces politiques et sociales autour d’un objectif commun : préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Le dialogue est ainsi présenté non comme un espace destiné à remettre en discussion les frontières ou l’intégrité territoriale du pays, mais comme une truelle politique, appelée à rapprocher les différentes composantes de la société congolaise et à cimenter le front intérieur.
Le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, est attendu dans les prochains jours pour préciser la date ainsi que les contours de cette initiative.

Compas et équerre face aux défis sécuritaires
Sur le terrain sécuritaire, le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens Combattants, Éliezer Charmant Ntambwe TAMBWE Mposhi, a apporté des précisions sur la situation opérationnelle et les réponses engagées par les autorités.
Son intervention s’inscrit dans une conjoncture nationale particulièrement sensible, marquée par la persistance de plusieurs foyers de tensions et par les efforts entrepris pour renforcer la capacité de l’État à protéger les populations et à contrôler son territoire.
Dans cette œuvre, le compas rappelle la nécessité de donner une direction précise à l’action publique, tandis que l’équerre symbolise la rigueur, la rectitude et la discipline indispensables à toute politique de sécurité. Sans ces deux instruments, la construction risque de perdre son axe.
La restauration de l’autorité de l’État exige donc, selon l’esprit de cette communication gouvernementale, une action coordonnée entre les forces de défense et de sécurité, les institutions civiles et les différentes structures chargées d’accompagner le retour de la paix.
De l’Est au Grand Bandundu, le même impératif : tenir l’ouvrage
Si le briefing était principalement consacré à la situation des Mobondo dans le Grand Bandundu, les autorités ont replacé cette problématique dans un environnement sécuritaire national plus large.
La RDC continue notamment de faire face à une situation tendue dans sa partie orientale, où Kinshasa poursuit ses démarches militaires et diplomatiques. Le Gouvernement congolais affirme par ailleurs vouloir maintenir la pression diplomatique contre le Rwanda et ses alliés, qu’il accuse de soutenir l’agression dont le pays est victime.
Cette question figurait également parmi les enjeux du 46ᵉ sommet ordinaire de la SADC, ouvert lundi à Durban, en Afrique du Sud.
Pour Kinshasa, l’action diplomatique constitue donc une autre face du chantier de la paix : pendant que certains acteurs travaillent sur le terrain, d’autres doivent consolider les appuis régionaux et internationaux nécessaires à la défense des intérêts congolais.

La lumière comme boussole
À travers ce briefing, le Gouvernement cherche également à renforcer sa communication directe avec les citoyens. La transparence sur les questions sécuritaires est présentée comme un moyen de maintenir l’opinion informée et de préserver la cohésion dans un contexte où les rumeurs, les manipulations et les discours de division peuvent fragiliser davantage le tissu national.
La lumière, dans cette lecture symbolique, devient une boussole : éclairer les faits, expliquer les décisions et donner à la population une compréhension plus claire des enjeux auxquels le pays est confronté.
Le travail reste cependant immense. Restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences ne se décrète pas. Il se construit dans la durée, par la sécurité, la justice, l’administration, le développement local et la confiance retrouvée.
Une œuvre collective à achever
Au terme de ce briefing, le message du Gouvernement se veut donc celui d’une République qui refuse de laisser son ouvrage inachevé.
La pierre représente les institutions et les territoires à consolider. La truelle, le dialogue et la cohésion nécessaires pour unir les composantes de la nation. Le compas, la précision de l’action publique. L’équerre, la rectitude dans la conduite des affaires de l’État. Et la lumière, enfin, cette exigence de lucidité qui doit guider la marche collective.
Dans le triangle Grand Bandundu–Kongo Central–Kinshasa comme dans l’Est du pays, le défi demeure le même : transformer les espaces de fragilité en territoires de stabilité et faire en sorte que l’autorité publique ne soit plus seulement proclamée, mais effectivement vécue par les populations.
Le chantier de la paix reste ouvert. Et, comme toute œuvre sérieuse, il exige patience, méthode et constance : poser la pierre, vérifier l’équerre, mesurer au compas, unir à la truelle et avancer vers la lumière.















