RDC – Assemblée nationale : sécurité, finances publiques et réformes au cœur de la session de mars

Par Charly Makansia

La session ordinaire de mars de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’est ouverte lundi à Kinshasa, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays ainsi que par d’importants enjeux économiques et diplomatiques.

Dans son discours d’ouverture, le président de la chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, a appelé à l’unité nationale et à une mobilisation accrue des institutions pour faire face aux multiples défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.

« L’heure n’est pas aux divisions internes, mais au rassemblement de toutes les forces vives de la nation », a-t-il déclaré devant les députés réunis au Palais du Peuple.

La situation sécuritaire au cœur des préoccupations

Une large partie de son intervention a été consacrée à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Le président de l’Assemblée nationale a dénoncé ce qu’il qualifie d’agression impliquant le Rwanda et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), affiliés à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), accusés d’occuper certaines localités stratégiques depuis 2025, notamment les villes de Goma et Bukavu.

Selon lui, ces affrontements ont provoqué d’importants déplacements de populations et aggravé la crise humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Il a également évoqué les attaques répétées du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF), actif notamment dans les territoires de Beni et Lubero ainsi que dans certaines zones de l’Ituri.

Face à ces menaces, Aimé Boji Sangara a salué la détermination des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et appelé les Congolais à soutenir les efforts du chef de l’État, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, commandant suprême des forces de défense et de sécurité.

Des enjeux diplomatiques et économiques majeurs

Sur le plan diplomatique, le président de l’Assemblée nationale a évoqué l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda en juin 2025 à Washington, dont la ratification devrait être examinée par le Parlement au cours de cette session.

Il a également mis en avant les perspectives offertes par le partenariat stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis, notamment dans les domaines de la sécurité, des investissements et de la valorisation des ressources minières.

Selon lui, ce partenariat pourrait contribuer à renforcer les capacités économiques du pays et à attirer davantage d’investissements internationaux.

Mobilisation des recettes publiques

Sur le plan économique, Aimé Boji Sangara a insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes publiques afin de soutenir les politiques publiques et les investissements structurants.

Il a notamment évoqué les effets conjugués de l’évolution du taux de change et du ralentissement temporaire de certaines recettes minières, appelant le gouvernement à soumettre au Parlement un projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.

La lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et la corruption figure également parmi les priorités évoquées pour consolider durablement les finances publiques.

Une session parlementaire chargée

La session parlementaire qui s’ouvre s’annonce particulièrement dense, avec l’examen de plusieurs projets et propositions de lois, la ratification d’accords internationaux ainsi que le renforcement du contrôle parlementaire.

Le président de l’Assemblée nationale a également annoncé l’organisation prochaine d’un débat d’orientation budgétaire, destiné à examiner en amont les grandes orientations de la politique budgétaire du gouvernement pour les prochaines années.

En conclusion, il a exhorté les députés à faire preuve de responsabilité et de patriotisme afin de répondre aux attentes du peuple congolais.

La session ordinaire de mars constitue l’une des principales périodes d’activité parlementaire dans le calendrier institutionnel de la RDC. Cette année, elle intervient dans un contexte où les enjeux sécuritaires, économiques et diplomatiques occupent une place centrale dans l’agenda national.

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