Paie complémentaire : l’Intersyndicale du secteur santé met en garde contre un recul du gouvernement

Face aux rumeurs selon lesquelles l’intégration de la paie complémentaire des agents et cadres de la santé publique dans la paie ordinaire ne se ferait pas, suite à l’audit de l’état liquidatif décrété par le président de la République, le coordonnateur de l’Intersyndicale du secteur santé (ISS), Jean-Fidèle Boyoo, monte au créneau pour mettre en garde le banc gouvernemental contre toute manœuvre dilatoire.

Dans un entretien accordé à la presse ce mardi 24 février 2026, le numéro un de l’ISS déplore que les agents et cadres de la santé publique en RDC soient toujours payés difficilement en mode complémentaire, alors même que la paie de janvier n’a pas encore été versée.

« C’est avec regret que nous enregistrons de telles tentatives de violation des droits des agents et cadres du secteur santé. Le gouvernement, à travers les ministres du Budget et des Finances, avait confirmé qu’au mois d’avril la paie complémentaire serait intégrée dans la paie ordinaire. Et maintenant, nous entendons des rumeurs contraires, liées à l’audit diligenté par le président de la République. Nous disons non », a-t-il déclaré.

Pour l’Intersyndicale, la décision du président Tshisekedi visant à clarifier les retards récurrents dans le paiement des salaires n’a aucune incompatibilité avec l’intégration de la paie complémentaire. Bien au contraire, le non-respect de cette mesure constituerait un manquement grave de l’exécutif, déjà en difficulté pour honorer ses engagements.

« Il n’y a pas d’incompatibilité avec l’audit. La paie complémentaire est liquidée par un état, tout comme la paie ordinaire. Les mettre ensemble ne viole rien. Personne n’acceptera cette proposition », insiste Jean-Fidèle Boyoo.

Face à ce qui pourrait apparaître comme une mauvaise foi du gouvernement, l’ISS prévoit de réagir, potentiellement par une grève nationale, si l’exécutif ne revient pas à la raison.

« Nous avons plusieurs méthodes de pression. Nous pouvons aller jusqu’à décider d’une grève dans les hôpitaux et services de santé à travers le pays, si le gouvernement persiste. Nous osons croire que cette décision ne viendra pas », avertit le coordonnateur.

Pour l’Intersyndicale, la santé étant une composante essentielle de la sécurité nationale, ignorer ces revendications constituerait une atteinte à l’État de droit.

Osée Kabamba

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