Rentrée scolaire 2026-2027 : une rentrée différenciée dans les zones touchées par Ebola

Par Fulgence Milay

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, le gouvernement congolais annonce un dispositif particulier pour maintenir les élèves en contact avec l’école dans les zones affectées par l’épidémie d’Ebola. Présentant les mesures envisagées mardi 18 août devant les professionnels des médias, la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a précisé que les écoles ne seront pas systématiquement fermées. Le dispositif repose plutôt sur une rentrée différenciée, adaptée au niveau de risque dans chaque zone.

Trois catégories de zones

Pour organiser la reprise des activités scolaires, le ministère de l’Éducation nationale a établi une classification en trois catégories : les zones rouges, oranges et vertes.

Dans les zones rouges, considérées comme les plus exposées, les élèves ne seront pas appelés à se rendre physiquement à l’école. Le gouvernement prévoit à leur intention des mécanismes permettant de maintenir le lien pédagogique avec les établissements.

Dans les zones oranges et vertes, en revanche, les élèves pourront se présenter à l’école, avec toutefois un renforcement des mesures de prévention, de sensibilisation et de protection sanitaire.

« L’objectif est de maintenir l’enfant en contact avec l’école », a expliqué Raïssa Malu, soulignant que son ministère travaille en étroite collaboration avec celui de la Santé pour adapter le dispositif à l’évolution de la situation épidémiologique.

L’enseignement à distance, mais pas forcément en ligne

La ministre a également tenu à faire une distinction entre l’enseignement à distance et l’enseignement en ligne. Selon elle, le recours à l’enseignement à distance ne signifie pas nécessairement que tous les élèves concernés devront suivre des cours sur Internet.

Cette approche doit permettre de maintenir les apprentissages malgré les restrictions imposées dans certaines zones. Le dispositif sera par ailleurs réévalué régulièrement, notamment toutes les quatre semaines, afin de tenir compte de l’évolution de la situation sanitaire.

Raïssa Malu a également évoqué une organisation particulière du calendrier scolaire dans les zones concernées, avec un mécanisme permettant aux parents et aux élèves de s’adapter aux nouvelles modalités de fonctionnement.

Au total, 2 890 écoles seraient concernées par les mesures liées aux maladies dans les zones ciblées.

Le ministère de la Santé mise sur la transparence

Intervenant à son tour, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a insisté sur la transparence dans la gestion de la riposte contre Ebola. Trois jours après la confirmation de l’épidémie sur le territoire national, le ministre a appelé à une lecture rigoureuse, mais également contextualisée, des données sanitaires.

« Notre système de santé ne s’occupe pas que d’Ebola, mais de toutes les maladies », a-t-il expliqué, rappelant que la maladie fait l’objet d’une attention particulière en raison de la possibilité de contenir sa propagation.

Selon les données communiquées par le ministre, 8 % des aires de santé sont actuellement touchées. Roger Kamba a par ailleurs rassuré sur la situation dans la capitale, affirmant qu’aucun cas d’Ebola n’a été enregistré à Kinshasa à ce jour.

Plusieurs provinces concernées

L’épidémie est actuellement signalée dans plusieurs provinces du pays, notamment l’Ituri, épicentre de la maladie, le Nord-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele.

Le ministre de la Santé a fait état de 5 000 cas confirmés et de 2 300 décès dans le cadre de la situation épidémique communiquée par les autorités.

Face à cette situation, le gouvernement entend donc concilier la continuité de l’éducation et les impératifs sanitaires. La rentrée scolaire 2026-2027 ne sera ainsi pas uniforme sur l’ensemble du territoire : elle sera adaptée au niveau de risque de chaque zone, avec pour priorité de protéger les élèves tout en évitant une rupture prolongée avec l’école.

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