Kinshasa Kia Mona : un projet à 50 milliards de dollars pour faire émerger la future capitale économique de la RDC

Par Charly Makansia

Au lendemain du lancement officiel du projet d’extension de la ville de Kinshasa par le président Félix Tshisekedi, les contours financiers et économiques de Kinshasa Kia Mona se précisent. Pour Jaffar Hilali, président et fondateur de Carousel Finance, la nouvelle cité repose sur un montage ambitieux, largement porté par des investissements étrangers, avec un objectif clair : transformer Kinshasa en un pôle industriel et économique de dimension internationale.

Selon lui, les premiers engagements sont déjà significatifs. Le business plan des partenaires chinois est évalué à plus de 12 milliards de dollars, tandis qu’un centre hospitalier de référence, d’un coût estimé à 140 millions de dollars, a déjà été finalisé. « Nous voulions commencer par des contrats signés et validés par le gouvernement », souligne-t-il, évoquant également plusieurs autres engagements en cours de finalisation.

Un élément central du projet réside dans son modèle de financement. L’État congolais ne sera pas sollicité pour financer directement les infrastructures. « Ce sont les partenaires étrangers qui financent », précise Jaffar Hilali. À terme, le projet vise une levée de fonds globale de 50 milliards de dollars, jugée minimale pour déployer l’ensemble de Kinshasa Kia Mona. L’État congolais pourrait intervenir comme garant souverain, en dernier ressort, sans activation systématique de cette garantie. Dans certains montages, notamment avec les partenaires chinois, aucune garantie étatique n’est prévue, les investissements étant adossés à des actifs fonciers utilisés comme collatéral.

Sur le plan opérationnel, le projet est structuré en phases successives à un, trois, cinq et dix ans. Dès la première année, 160 usines devraient être construites sur les 1 200 prévues, avec des sites entièrement viabilisés (électricité, services, infrastructures). À terme, le projet ambitionne la création d’au moins 200 000 emplois, avec un potentiel pouvant atteindre un million d’emplois directs et indirects.

Au-delà de la Chine, Kinshasa Kia Mona attire un large éventail de partenaires internationaux. Un consortium d’entreprises françaises, la Team France, est déjà positionné sur des projets liés au traitement de l’eau, des déchets et aux infrastructures urbaines. Des discussions sont également en cours avec des institutions européennes, tandis que le rapprochement stratégique entre la RDC et les États-Unis stimule l’intérêt des investisseurs américains.

Le Moyen-Orient constitue un autre axe majeur de mobilisation financière, avec des démarches actives à Abu Dhabi, Riyad, Mascate et Oman, en coordination avec les autorités congolaises. « Le lancement officiel par le Chef de l’État a été décisif pour crédibiliser le projet à l’échelle internationale », insiste Jaffar Hilali.

L’ambition finale est assumée : faire de Kinshasa Kia Mona la capitale économique et industrielle de la RDC, capable d’attirer des investissements durables, de créer de la valeur ajoutée locale et de repositionner le pays dans les grandes chaînes économiques régionales et mondiales.

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