La République démocratique du Congo entend renforcer sa coopération minière avec la Chine. Une délégation congolaise conduite par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, est arrivée à Pékin avant de prendre part à la China Mining Conference and Exhibition, prévue du 10 au 12 septembre 2026 à Tianjin. Ce rendez-vous figure parmi les grandes rencontres internationales consacrées à l’industrie minière, réunissant investisseurs, compagnies minières, équipementiers, fournisseurs de technologies et représentants gouvernementaux autour des enjeux liés à l’exploration, l’exploitation et la transformation des ressources minières.
Pékin, un partenaire majeur du secteur minier congolais
Pour la RDC, cette participation constitue une nouvelle occasion de présenter son potentiel minier et de consolider ses partenariats stratégiques, particulièrement avec les entreprises chinoises déjà fortement implantées dans le pays. Cuivre, cobalt, or, lithium et autres minerais critiques font de la RDC un territoire stratégique dans le contexte mondial de transition énergétique et de développement des industries technologiques.
La Chine est devenue au fil des années l’un des principaux partenaires miniers de la RDC. Sa présence couvre aussi bien l’exploitation des gisements que la transformation des minerais, les infrastructures et les investissements dans les chaînes logistiques. Cette coopération est notamment matérialisée par plusieurs grands complexes miniers dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
CMOC, un géant du cuivre et du cobalt
Parmi les principaux groupes chinois présents en RDC figure CMOC Group, qui exploite notamment Tenke Fungurume Mining, TFM, et Kisanfu Mining, KFM, deux importants actifs spécialisés dans le cuivre et le cobalt.
En 2025, les activités de TFM et KFM ont permis à CMOC de figurer parmi les principaux producteurs de cuivre de la RDC, avec près de 750 000 tonnes exportées selon les statistiques sectorielles. À l’échelle mondiale, CMOC a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires d’environ 29 milliards de dollars.
Zijin Mining et le cuivre de Kamoa-Kakula
Autre acteur majeur, Zijin Mining est notamment présent dans le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, dans le Lualaba, aux côtés d’Ivanhoe Mines et de l’État congolais.
Le projet constitue aujourd’hui l’un des plus importants complexes de cuivre du continent africain. En 2025, Kamoa-Kakula a produit près de 389 000 tonnes de cuivre et généré environ 3,28 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
Zijin est également présente dans la Société Minière de Kolwezi, COMMUS, spécialisée dans la production de cuivre et de cobalt. Le groupe Zijin Mining a, pour sa part, enregistré en 2025 un chiffre d’affaires mondial proche de 50 milliards de dollars.
CNMC et le complexe cuprifère de Deziwa
La China Nonferrous Mining Corporation, CNMC, constitue également un partenaire important de l’industrie minière congolaise. Le groupe intervient notamment à travers la Société Minière de Deziwa, Somidez, dans le Lualaba.
Ce complexe produit du cuivre et du cobalt et dispose d’une capacité annuelle de traitement de plusieurs millions de tonnes de minerai. Sa capacité de production est estimée à environ 80 000 tonnes de cuivre cathodique et 8 000 tonnes de cobalt métal par an.
CNMC a enregistré en 2025 un chiffre d’affaires mondial d’environ 3,4 milliards de dollars.
Sicomines, le modèle mines contre infrastructures
La coopération entre Kinshasa et Pékin s’appuie également sur le partenariat sino-congolais autour de Sicomines. Cette coentreprise associe notamment la Gécamines à des partenaires chinois tels que China Railway Group et Sinohydro.
Le modèle de Sicomines repose sur une combinaison entre exploitation minière et développement d’infrastructures. L’accord révisé entre les parties prévoit plusieurs milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures congolaises en contrepartie de l’exploitation des ressources minières.
En 2025, Sicomines aurait produit près de 258 000 tonnes de cuivre.
China Railway, entre mines et infrastructures
China Railway Group joue ainsi un rôle particulier dans la coopération RDC–Chine, puisqu’il intervient à la fois dans les infrastructures et dans le secteur minier.
Cette configuration illustre l’un des aspects essentiels du partenariat entre les deux pays : associer l’exploitation des ressources naturelles au développement des infrastructures nécessaires à l’activité économique.

MMG-Kinsevere, un autre acteur chinois
À cette liste s’ajoute MMG, groupe contrôlé par China Minmetals, qui exploite la mine de Kinsevere dans le Haut-Katanga.
Spécialisée dans la production de cuivre cathodique, Kinsevere a produit plus de 52 000 tonnes de cuivre en 2025. MMG a enregistré la même année un chiffre d’affaires mondial supérieur à 6,2 milliards de dollars.
Vers davantage de valeur ajoutée en RDC
L’importance de ces entreprises dans le paysage minier congolais témoigne du poids de la coopération sino-congolaise. Mais pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de faire évoluer cette relation vers un partenariat davantage créateur de valeur pour l’économie nationale.
Les autorités congolaises cherchent notamment à favoriser la transformation locale des minerais, accroître les recettes publiques, développer les infrastructures, créer davantage d’emplois et intégrer les entreprises congolaises dans les chaînes de valeur minières.
Cette volonté intervient dans un contexte où la RDC cherche également à mieux maîtriser les informations relatives à son sous-sol. Le gouvernement entend notamment renforcer le contrôle et la valorisation des données géologiques du pays, considérées comme un élément stratégique dans les négociations avec les investisseurs miniers.
Tianjin, une vitrine pour les investissements miniers
C’est dans cette perspective que la participation congolaise à la China Mining Conference and Exhibition 2026 revêt une importance particulière.
Organisée du 10 au 12 septembre à Tianjin, cette édition doit réunir des acteurs issus de différents segments de l’industrie minière, notamment l’exploration, l’exploitation, les équipements, les technologies minières, le traitement des minerais et les solutions destinées à améliorer la durabilité du secteur.
Pour la RDC, ce rendez-vous constitue une vitrine pour promouvoir son potentiel minier auprès des investisseurs chinois et internationaux, mais également une plateforme pour consolider les relations avec les groupes déjà actifs dans le pays.
Cuivre, cobalt et lithium au cœur du plaidoyer congolais
La délégation conduite par le ministre des Mines pourra ainsi mettre en avant les opportunités offertes par le cuivre, le cobalt, le lithium et les autres minerais stratégiques dont dispose le pays.
Au-delà de la recherche de nouveaux investissements, Kinshasa devra surtout tirer profit de cette coopération pour négocier davantage de retombées économiques et industrielles. La transformation locale des minerais, le développement des infrastructures énergétiques et de transport, le transfert de technologies, la formation de la main-d’œuvre congolaise et l’augmentation de la participation des entreprises locales constituent désormais des enjeux majeurs.
La China Mining Conference 2026 intervient ainsi à un moment où la RDC veut consolider sa position de puissance minière tout en redéfinissant les conditions de valorisation de ses ressources naturelles.
Avec des groupes chinois représentant plusieurs dizaines de milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale et opérant dans certains des plus grands gisements de cuivre et de cobalt du pays, la coopération RDC–Chine apparaît comme un levier majeur. Le défi pour Kinshasa sera désormais de transformer cette présence industrielle en davantage de valeur ajoutée, d’emplois, d’infrastructures et de revenus pour l’économie congolaise.















