Finances RDC : Le Gouvernement relance l’exportation du cobalt, propulsé à près de 54.000 USD la tonne

Par Fulgence Milay

La République démocratique du Congo a officiellement repris l’exportation de son cobalt à compter du vendredi 19 décembre 2025, marquant ainsi un tournant majeur dans la gestion de ce minerai stratégique. L’annonce a été rendue publique le lundi 22 décembre 2025 à Kinshasa par le ministre des Finances, Doudou Likunde Li-Botayi, lors d’une conférence de presse consacrée à la clôture de la deuxième revue de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la première revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Cette décision intervient après plusieurs mois de suspension volontaire des exportations, une mesure stratégique prise par le Gouvernement afin de protéger les intérêts nationaux, de corriger les déséquilibres du marché et de réorganiser un secteur clé de l’économie congolaise.

Un signal fort pour la relance du secteur minier

Pour les autorités congolaises, la reprise des exportations constitue un signal fort de relance des activités minières, dans un contexte international marqué par une demande croissante en minerais critiques. Le cobalt, indispensable à la fabrication des batteries électriques, des véhicules électriques et des technologies liées à la transition énergétique, demeure un pilier stratégique pour la RDC.
Le ministre des Finances a insisté sur le fait que cette reprise s’inscrit dans une vision globale de valorisation des ressources naturelles, visant à maximiser les bénéfices économiques pour l’État congolais tout en renforçant la crédibilité du pays sur les marchés internationaux.

Des exportations encadrées par des exigences strictes

Selon Doudou Likunde Li-Botayi, les exportations de cobalt se feront désormais dans le strict respect des normes nationales et internationales. Un accent particulier sera mis sur :
 la traçabilité des cargaisons ;
 la transparence dans les transactions commerciales ;
 l’optimisation des recettes publiques ;
 et l’amélioration des retombées économiques au profit du Trésor public et des communautés locales.
Cette nouvelle approche vise à rompre avec les pratiques du passé et à garantir une meilleure gouvernance du secteur minier, longtemps critiquée pour son manque de transparence.

Le rôle central et attendu de l’ARECOMS

Toutefois, cette annonce gouvernementale doit être considérée avec prudence. En effet, si le ministre des Finances a confirmé la reprise des exportations, la régulation effective du marché du cobalt relève principalement de la compétence de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS).
À ce titre, la mise en œuvre concrète de cette décision dépendra des actes réglementaires, des mécanismes opérationnels et du calendrier d’exécution définis par cet organe spécialisé. Les opérateurs miniers restent donc attentifs aux directives officielles qui encadreront cette reprise sur le terrain.

Une stratégie payante : le cobalt en forte hausse

Entre février et décembre 2025, la stratégie gouvernementale a produit des résultats significatifs. Le prix de la tonne de cobalt, qui se situait autour de 22.000 USD en début d’année, a connu une progression spectaculaire pour atteindre près de 54.000 USD la tonne en décembre 2025.
Cette hausse est attribuée à la restriction temporaire de l’offre, à la discipline imposée au marché et à la forte demande mondiale, notamment de la part des industries liées à la transition énergétique.

La RDC consolide sa position de leader mondial

Premier producteur mondial de cobalt, la République démocratique du Congo affiche un volume annuel record estimé à 230.000 tonnes. Le Gouvernement entend capitaliser sur cette position dominante pour stabiliser le marché, renforcer les recettes de l’État et accroître la valeur stratégique du cobalt congolais.
Le ministre des Finances a, à cet effet, lancé un appel ferme aux opérateurs miniers, les exhortant à respecter scrupuleusement leurs obligations fiscales, sociales et contractuelles envers l’État congolais, dans un esprit de partenariat responsable et durable.

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