Kinshasa : le médecin auteur d’actes de violence contre une patiente suspendu par le Conseil urbain de l’ordre pour flagrance

Par Osée KABAMBA

L’affaire a secoué la toile et continue de susciter une vague d’indignation. À l’issue d’un conseil extraordinaire organisé à Kinshasa ce jeudi 26 mars, le Conseil urbain de l’Ordre des médecins (CUOM) a décidé de suspendre le docteur David Balanangayi, au cœur d’une vidéo à scandale dans laquelle il violente une malade. Cette mesure conservatoire à l’encontre du médecin de l’hôpital de référence de Kinkole l’empêche ainsi d’exercer tant dans le secteur public que privé, en attendant le dénouement des enquêtes en cours.

L’indignation est totale pour le président du CUOM, docteur Elvis Bula. Au cours du point de presse organisé à l’issue du conseil extraordinaire, il a fermement condamné cet acte.

« Moi, personnellement, j’ai été réveillé aux environs de 23 h par des collaborateurs et nous avons vu des images atroces. C’est une atrocité, c’est insupportable. Imaginez, tout médecin que je suis, je n’ai pas pu visualiser jusqu’à la fin. Donc, c’était vraiment atroce », s’est-il exaspéré.

Face à cette dérive professionnelle, le Conseil urbain de l’ordre des médecins a tenu à fixer l’opinion publique.

« Vous le savez, les barèmes des sanctions à l’ordre des médecins vont de l’avertissement à la radiation. Et pour le cas d’espèce, cette situation va certainement appeler à une sanction grave. Et avant d’en arriver, comme il s’agit d’une flagrance, comme il y a des preuves, le conseil se réunit pour d’abord prendre une sanction conservatoire. Donc, le confrère vient d’écoper d’une suspension par mesure d’ordre jusqu’au prononcé de sa sanction. Et le temps requis, c’est minimum 30 jours », a annoncé le président de l’organe régissant les médecins de la capitale congolaise.

Ce délai, souligne Elvis Bula, est nécessaire pour permettre au Conseil d’examiner les dossiers et à l’accusé de présenter ses moyens de défense.

Le numéro un du Conseil urbain de l’ordre des médecins explique par ailleurs qu’à l’issue « des travaux au niveau de la commission de discipline, le dossier sera transféré au bureau pour convoquer un conseil disciplinaire qui va statuer sur le cas. »

Alors que d’aucuns pensent que la saisine du conseil de l’ordre des médecins est faite sur la base de la vidéo, le président de cet organe rassure que l’ordre des médecins peut être saisi même sans l’existence d’une vidéo montrant les faits.

« On n’a pas besoin que de vidéos. On peut avoir d’autres preuves tangibles pouvant aider le conseil à mener son action à bon port. Et donc la loi prévoit le mode de saisine. Les conseils urbains de l’ordre des médecins peuvent être saisis comme pour le cas d’espèce », a-t-il expliqué.

Face à l’ampleur de cet incident, le Conseil national de l’ordre des médecins, des médecins et des organismes de défense des droits de l’homme ont saisi le Conseil urbain pour statuer sur les faits et, le cas échéant, prendre des mesures disciplinaires.

Insistant sur le caractère flagrant des faits, le président du CUOM a indiqué que la suspension en prélude du rapport de la commission disciplinaire ne nécessitait pas des enquêtes en amont.

Par ailleurs, il avertit que si d’autres médecins sont impliqués, la sanction les concernera également.

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