Commerce extérieur : recul généralisé des produits miniers congolais

Les principaux produits miniers de la République démocratique du Congo (RDC) ont connu une nouvelle semaine morose sur les marchés internationaux. D’après les mercuriales officielles publiées ce lundi par le ministère du Commerce extérieur, la majorité des matières premières d’exportation congolaises ont enregistré des baisses notables de prix. Seul l’étain tire son épingle du jeu en affichant une progression significative, tandis que quelques métaux rares conservent une relative stabilité.

Une semaine de repli pour les grandes matières premières

Pilier de l’économie nationale et moteur des recettes d’exportation, le secteur minier congolais continue de subir les fluctuations des marchés mondiaux. Cette semaine, la tendance est clairement orientée à la baisse.
Le cuivre, principal produit d’exportation du pays, a reculé de 10 914,75 USD à 10 784,90 USD la tonne, confirmant un affaiblissement progressif de la demande industrielle, notamment en Chine. Cette légère érosion du prix du cuivre, souvent considéré comme un baromètre de la santé économique mondiale, pourrait influencer à court terme les projections de recettes publiques en RDC.

Le cobalt, métal stratégique pour la fabrication des batteries électriques et essentiel à la transition énergétique mondiale, n’est pas épargné. Son cours a glissé de 47 908,00 USD à 47 902,00 USD la tonne. Bien que la baisse reste minime, elle s’inscrit dans une tendance de correction observée depuis plusieurs semaines, sur fond d’ajustements du marché automobile électrique.

Forte baisse du nickel et recul généralisé des métaux industriels

Le nickel, utilisé dans la production d’acier inoxydable et dans certaines technologies de batteries, affiche l’un des plus forts replis de la semaine. Son prix est passé de 14 665,19 USD à 13 196,93 USD la tonne, soit une baisse de plus de 10 %. Ce recul traduit les inquiétudes des investisseurs quant à la demande future en métaux de transition.

Même tendance pour le zinc, dont le prix s’établit désormais à 3 185,30 USD la tonne, et pour le concentré de niobium, en retrait à 5 595,80 USD la tonne. Ces baisses s’expliquent en partie par le ralentissement de la production industrielle mondiale et la montée des stocks sur les principales places boursières.

Les lingots d’aluminium n’échappent pas non plus à cette dynamique négative, reculant légèrement de 1 353,76 USD à 1 351,70 USD la tonne. Ce métal, largement utilisé dans les industries du transport et de la construction, souffre d’une demande modérée et d’une forte concurrence asiatique.

L’or en repli, l’étain en hausse

Sur le front des métaux précieux, le cours de l’or s’est également inscrit en baisse, passant de 131,74 USD à 129,36 USD l’once. Cette tendance s’explique par un contexte économique international marqué par le renforcement du dollar américain et une attitude prudente des investisseurs face aux incertitudes géopolitiques.

En revanche, l’étain constitue l’exception de la semaine. Son prix est remonté de 35 422,00 USD à 36 204,00 USD la tonne, soit une progression de près de 2,2 %. Cette hausse reflète un regain d’intérêt pour ce métal utilisé dans les soudures électroniques, à un moment où la demande mondiale pour les composants électroniques repart à la hausse.

Stabilité des métaux rares

Certains métaux rares ont, quant à eux, conservé leurs prix antérieurs. Le germanium reste stable à 4 253,63 USD, le tantale se maintient à 350 USD, et l’argent demeure inchangé à 1,57 USD l’once. Cette stabilité témoigne d’un équilibre entre l’offre et la demande sur un segment de marché moins volatil.

Un signal d’alerte pour l’économie congolaise

Ces fluctuations des prix des matières premières représentent un signal d’alerte pour les finances publiques congolaises, fortement dépendantes des revenus issus des exportations minières. Une baisse prolongée pourrait impacter les recettes de l’État, les investissements miniers et la balance commerciale.

Dans ce contexte, les experts appellent à une diversification économique et à une valorisation locale des ressources, afin de réduire la vulnérabilité du pays aux chocs des marchés internationaux.

Fulgence Milay

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