Les conclusions préliminaires de l’audit environnemental mené sur les activités de Perenco confirment des impacts sur les sols et la qualité de l’air, selon le ministère des Hydrocarbures.
À travers un communiqué publié mercredi, Human Rights Watch (HRW) affirme que les premiers résultats de l’audit environnemental commandé par le gouvernement congolais sur les activités de Perenco à Muanda confirment les conclusions de son enquête publiée le 27 juillet dernier. Pour l’organisation, cette convergence constitue une reconnaissance officielle des atteintes à l’environnement dénoncées depuis plusieurs années dans la principale zone pétrolière de la République démocratique du Congo.
Les conclusions de l’audit confortent les enquêtes de HRW
Human Rights Watch indique qu’au cours d’un entretien officiel accordé le 31 juillet, un représentant du ministère des Hydrocarbures a confirmé que les conclusions préliminaires de l’audit gouvernemental mettent en évidence des « impacts négatifs sur la qualité des sols et de l’air » liés aux activités de la société pétrolière et gazière Perenco.
Selon ce responsable, « tous les volets de la pollution seront abordés » dans le rapport final. Il a également affirmé que les premiers résultats de l’audit « corroborent les conclusions de Human Rights Watch ».
L’audit avait été commandé par le gouvernement congolais en décembre 2024 afin d’évaluer les allégations récurrentes de pollution environnementale dans le territoire de Muanda, au Kongo Central.
Des risques sanitaires documentés
Dans son rapport publié le 27 juillet, Human Rights Watch faisait état de graves risques sanitaires pour les populations vivant à proximité des installations de Perenco. L’organisation expliquait que le torchage régulier du gaz, le brûlage à ciel ouvert des déchets pétroliers ainsi que les fuites provenant des puits et des pipelines contribuent à la dégradation de la qualité de l’air, à la pollution des sols et à la contamination des cours d’eau.
HRW estime également que certaines pratiques de Perenco contreviennent à la législation environnementale congolaise, notamment le brûlage à ciel ouvert des déchets pétroliers.

Perenco rejette les accusations
Interrogée par Human Rights Watch, la société Perenco a rejeté les accusations portées contre elle, affirmant que ses activités ne sont pas à l’origine d’une pollution de l’air, des sols ou des eaux, ni de problèmes de santé pour les communautés riveraines.
Toutefois, selon le représentant du ministère des Hydrocarbures, les constats effectués par les experts chargés de l’audit officiel rejoignent les conclusions présentées par l’organisation de défense des droits humains.
Des recommandations attendues
Le ministère des Hydrocarbures précise que la vétusté des infrastructures et des pipelines de Perenco constitue l’un des principaux facteurs de pollution des sols.
Le rapport final devrait recommander la rénovation des installations pétrolières, évaluer les coûts de dépollution des sites affectés et proposer des mesures de réparation des dommages environnementaux.
Un rapport final attendu en septembre
Alors que les prélèvements d’eaux souterraines se poursuivent, l’audit est entré dans sa phase finale. Le ministère prévoit de finaliser le rapport d’ici la fin du mois de septembre.
Les autorités congolaises se sont engagées à rendre public le document une fois finalisé, au nom de la transparence. Human Rights Watch renouvelle, pour sa part, son appel au gouvernement afin que les conclusions de l’audit soient publiées et débouchent sur des mesures concrètes en faveur de la protection de l’environnement et des populations de Muanda.















