Véritable talon d’Achille du gouvernement de la RDC, tant au niveau national que provincial, le secteur des transports reste au cœur des préoccupations de l’exécutif.
En dépit des multiples initiatives déjà prises par les autorités du secteur afin de fluidifier, régulariser et rentabiliser les recettes, la gangrène est bien loin d’être guérie. Des réformes profondes et vigoureuses s’imposent.
Face aux énormes défis auxquels la filière est confrontée, des experts lèvent la voix pour dégager des pistes concrètes de solutions. Afin d’assurer une gouvernance efficace, une mobilisation optimale des recettes publiques urbaines et une restauration de l’autorité de l’État dans le secteur des transports à Kinshasa.
l’expert en transports routiers, mobilité urbaine et logistique, président et délégué général de la Mutuelle pour la Solidarité des Chauffeurs au Congo, Chardin Ngoie, propose six priorités qui s’imposent de manière urgente.
Des contrôles stricts et rigoureux
Figurant parmi les causes du pléthore régnant dans la sphère, le manque de contrôle des effectifs et des tenues officielles des agents dépêchés sur le terrain est pointé du doigt par l’expert en transports routiers.
« La maîtrise des effectifs réels et l’octroi de tenues réglementaires constituent un préalable indispensable pour redorer l’image de ce service et restaurer la confiance du public », argumente-t-il.
Il souligne par ailleurs qu’il est « impératif d’identifier, d’agréer et de contrôler régulièrement les fourrières officielles afin d’en finir avec les pratiques anarchiques et les abus ».
Digitalisation du système de vente des documents et du paiement des amendes
En plus du contrôle strict des effectifs et des fourrières officielles, le président et délégué général de la Mutuelle pour la Solidarité des Chauffeurs au Congo met l’accent sur la nécessité de la digitalisation du système de vente des documents ainsi que du paiement des amendes transactionnelles.
Pour Chardin Ngoie, « la mise en place d’un système numérique de délivrance des documents, intégrant des guichets bancaires et des codes QR sécurisés sur les notes de perception, garantira la transparence et l’authenticité des opérations. Les paiements doivent se faire exclusivement à travers des agents accrédités de la Direction générale des Recettes de Kinshasa, avec traçabilité complète via des quittances numériques, pour prévenir les détournements et renforcer la crédibilité du service ».
Mise en place d’un mécanisme de traçabilité des primes et de sanctions exemplaires
Alors que des sommes exorbitantes sont perçues illégalement en guise d’amendes au bord de la chaussée par des agents de la circulation routière, privant l’État d’importantes recettes, l’expert prône la mise en place d’un mécanisme de traçabilité des primes et de sanctions exemplaires contre les agents véreux.
Selon lui, « les agents qui exercent leurs fonctions avec intégrité doivent bénéficier de primes motivantes, versées de manière traçable, selon des critères objectifs de performance. Aucune réforme ne sera durable sans une volonté ferme d’extirper les mauvaises pratiques. Les agents impliqués dans des actes de corruption ou de sabotage doivent être sévèrement sanctionnés, conformément à la loi ».
Le président de la Mutuelle pour la Solidarité des Chauffeurs au Congo renchérit : « Au‑delà de la formation spécialisée et des recyclages nécessaires, la rigueur de la loi et le respect de l’éthique professionnelle doivent désormais guider l’action publique. La Division urbaine des Transports de Kinshasa doit impérativement devenir un modèle de discipline, de transparence et de performance, dans un secteur où le coulage des recettes est devenu une norme inacceptable ».
À en croire l’expert, le redressement est possible avec des réformes rigoureuses mais nécessaires pour affirmer l’autorité de l’État dans le secteur des transports.




















