Un an après la prise de Goma, les défenseurs des droits humains réclament une commémoration nationale le 27 janvier

Par Osée KABAMBA

Une année après la prise de la ville de Goma, chef‑lieu du Nord‑Kivu, par les troupes de l’AFC/M23 appuyées par l’armée rwandaise, les défenseurs des droits humains souhaitent que la date du 27 janvier soit commémorée en raison des atrocités qui y sont liées, ainsi que des violences vécues par la population de cette partie du pays.

L’offensive du mouvement rebelle, en complicité avec les forces rwandaises, sur la capitale du Nord‑Kivu a laissé des séquelles dans la mémoire collective des habitants de Goma. Ces affrontements violents avec les forces gouvernementales ont fait plusieurs milliers de victimes et provoqué des milliers de déplacés. Une année après, en dépit de la pression qui s’accentue sur Kigali, la ville reste encore sous l’emprise du M23, en complicité avec le gouvernement rwandais.

Pour l’activiste des droits humains à Goma, Steven Kitsa Kambale, il est important de commémorer cette date en mémoire de la tragédie vécue par la population de l’est de la RDC.

« Nous, les activistes des droits humains, voulons que la date du 27 janvier 2026 soit commémorée, parce que c’est là que surviennent souvent les atrocités. Quand l’agression commence, elle débute toujours à l’est du pays. Nous avons 26 provinces en République démocratique du Congo, mais c’est toujours à l’est, et précisément dans la province du Nord‑Kivu, que les atrocités commencent », lance t-il.

À en croire l’activiste, certains individus chercheraient à manipuler des personnes en RDC pour initier des rébellions à l’est du pays avec le soutien du Rwanda : « La plupart des gens veulent tout simplement obtenir le soutien du Rwanda parce que c’est proche du Nord‑Kivu. Ils cherchent à manipuler certaines personnes en République démocratique du Congo pour qu’elles puissent déclencher la rébellion et obtenir le soutien du Rwanda. »

Pour ce natif du coin, la cause de cette guerre d’agression menée par le Rwanda n’est autre que l’exploitation illicite des ressources minières que recèle le sous‑sol congolais. Steven Kitsa réfute la prétendue discrimination de la minorité tutsi dans cette partie du pays, avancée comme prétexte par Kigali.

« En fait, la cause de l’agression du Rwanda contre la République démocratique du Congo, c’est l’exploitation minière illicite des ressources que recèle l’est du pays par le Rwanda. Le gouvernement rwandais crée des agressions en manipulant certains Congolais qui veulent s’enrichir facilement sur le sang des citoyens congolais », explique Steven Kitsa.

Il fustige par ailleurs les nombreuses pertes humaines, la crise économique et les violations flagrantes des droits humains qui se sont accentuées depuis la chute de Goma.

« Depuis la prise en date du 27 janvier 2025, la population vit dans la psychose parce qu’il y a eu beaucoup de pertes en vies humaines ; plusieurs personnes ont perdu la vie. Depuis ce jour‑là, les banques sont fermées, il n’y a donc pas de circulation monétaire. La jeunesse dénonce surtout les répressions violentes dont elle est victime. Les combattants rebelles torturent, fouettent et incarcèrent les jeunes dans des prisons inconnues. D’autres sont tués. »

Bien loin des promesses de paix et de sécurité vantées par l’occupant, les habitants de Goma vivent avec la peur au ventre. Depuis la prise de la ville de Goma par la coalition RDF‑AFC‑M23. Et, la situation sécuritaire s’est gravement détériorée.

« Depuis la prise de la ville, ce sont eux qui sèment l’insécurité. Il y a beaucoup de cas d’assassinats enregistrés dans la ville de Goma et ses environs, et particulièrement auprès des journalistes. Cela prouve que l’insécurité s’accroît comme jamais auparavant. Il y a des cambriolages dans les maisons, les gens sont tués », alerte‑t‑il.

L’activiste des droits humains dénonce également les tueries de masse visant les populations afin de faire pression sur le gouvernement congolais dans les négociations en cours.

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