RDC : Marie Nyange Ndambo mise sur les réformes forestières et le marché carbone pour financer le développement

Par Fulgence Milay

La ministre de l’Environnement et Développement durable, Marie Nyange Ndambo, a défendu le bilan de sa première année d’action à la tête de ce portefeuille, lors de l’exercice de redevabilité animé par Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One TV. Réformes du secteur forestier, valorisation du potentiel carbone, protection des communautés rurales, lutte contre les déchets plastiques et coordination avec le ministère des Mines ont constitué les principaux axes de son action.

Politique forestière : des réformes structurelles en voie d’aboutissement

Pour la ministre de l’Environnement, l’action menée au cours de cette première année s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, qui entend concilier la préservation du patrimoine forestier congolais et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Dans ce cadre, son ministère s’est notamment attelé à la poursuite et à la finalisation de plusieurs réformes structurelles engagées avant son arrivée. Parmi les avancées mises en avant figurent la finalisation de la politique forestière, destinée à définir les grandes orientations de la gouvernance du secteur, ainsi que la révision du Code forestier.

« Nous avons pu finaliser la politique forestière et le Code forestier est en phase de finalisation. Nous pensons qu’à la session de septembre, ce Code arrivera au niveau du Parlement pour être voté », a indiqué Marie Nyange Ndambo.

La RDC veut mieux valoriser son patrimoine forestier

Au-delà de la gouvernance forestière, le ministère entend faire des forêts congolaises un véritable levier de financement du développement. Une stratégie de valorisation, de certification et de monétisation des ressources forestières est ainsi en cours de déploiement.

Cette démarche repose notamment sur la mise en place d’un registre carbone souverain et de mécanismes de mesure, de notification et de vérification (MRV), indispensables à la crédibilité des crédits carbone congolais.

La ministre a également annoncé la finalisation de la loi sur le marché carbone. Validée parmi les matières d’habilitation du Gouvernement, cette réforme doit permettre la mise en place d’un cadre juridique adapté à la mobilisation des financements issus du carbone.

Selon les estimations citées par la ministre, la valeur des forêts de la RDC est évaluée par la Banque mondiale à environ 230 000 milliards de dollars. La mise en place d’un cadre réglementaire et institutionnel solide apparaît donc comme un préalable à la mobilisation de cette importante richesse naturelle.

Marché carbone : les communautés locales au cœur du dispositif

Le Gouvernement entend également faire en sorte que les populations vivant dans les zones forestières bénéficient directement des retombées économiques liées à la conservation des écosystèmes.

À cet effet, le ministère mise notamment sur les paiements pour services environnementaux et les paiements pour services écosystémiques. Cinq projets consacrés aux paiements pour services environnementaux ont déjà été validés, tandis que quatre autres portent sur les services écosystémiques.

Dans le cadre du marché carbone, la ministre a rappelé qu’une partie des revenus doit revenir aux communautés locales.

« Pour ces paiements, et surtout le marché carbone, 20 % des bénéfices sont réservés aux communautés locales », a-t-elle souligné, en référence aux mécanismes prévus dans le cadre de l’Accord de Paris.

Déchets plastiques : transformer une nuisance en opportunité économique

La lutte contre la pollution plastique constitue un autre chantier prioritaire du ministère. Face à l’ampleur des déchets qui s’accumulent dans les centres urbains, le Président de la République a notamment mis en place une task force chargée de contribuer à la recherche de solutions.

Pour Marie Nyange Ndambo, l’enjeu ne se limite toutefois pas à l’élimination des déchets. Il s’agit également de développer une véritable économie du recyclage capable de transformer ces matières en ressources.

« Les déchets plastiques, au-delà d’être des déchets, sont aussi des matières premières pour la transformation », a-t-elle fait valoir.

Le ministère affirme avoir déjà signé douze projets dans ce domaine et espère voir leurs premiers résultats se concrétiser sur le terrain avant la fin de l’année.

Mines et Environnement : une collaboration jugée indispensable

La gestion des ressources naturelles exige également une coordination étroite entre les différents ministères concernés. À ce titre, les ministères des Mines et de l’Environnement travaillent à travers des arrêtés ministériels et interministériels, des commissions mixtes et interministérielles, ainsi que des échanges réguliers.

Marie Nyange Ndambo a particulièrement insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée autour de la future législation sur le carbone, dont les dispositions concerneront également les opérateurs du secteur minier.

« Je viens d’approcher le ministre des Mines pour qu’ensemble nous menions la pédagogie nécessaire afin que tous les acteurs miniers s’alignent et comprennent quel sera l’impact de cette loi sur leurs activités minières », a-t-elle expliqué.

À travers ces différents chantiers, le ministère de l’Environnement entend ainsi passer d’une logique essentiellement axée sur la protection des ressources naturelles à une approche combinant conservation, gouvernance, financement climatique et amélioration des conditions de vie des communautés.

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