RDC : le gouvernement lance la cartographie censitaire, première étape du deuxième recensement estimé à 192 millions USD

Par Fulgence Milay

La République démocratique du Congo amorce une nouvelle étape dans l’organisation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).

Évaluée à 192 millions de dollars américains, cette vaste opération a officiellement entamé sa phase pratique à Kinshasa, avec le lancement de la cartographie censitaire. Le gouvernement assure avoir réuni les moyens financiers, humains et techniques nécessaires à la conduite de ce processus.

L’annonce a été faite lundi 28 septembre par le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, lors d’un briefing spécial animé conjointement avec Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement.

192 millions USD pour financer l’opération

Le coût global du deuxième recensement est fixé à 192 millions de dollars américains. Selon Guylain Nyembo, cette enveloppe budgétaire est essentiellement destinée à couvrir les dépenses liées au personnel mobilisé pour la réalisation des différentes phases de l’opération.

Près de la moitié de ce financement devrait ainsi être consacrée à la rémunération des agents recrutés, compte tenu de l’ampleur du travail à effectuer sur l’ensemble du territoire national.

« Le budget arrêté est de 192 millions USD qui, en réalité, est essentiellement la masse du personnel », a précisé le ministre d’État, soulignant que les principaux préalables au démarrage du processus ont été levés.

Le gouvernement affirme également bénéficier de l’accompagnement de partenaires techniques, notamment le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), dans la mise en œuvre de cette opération statistique nationale.

130 735 agents recrutés pour la cartographie censitaire

Sur le plan opérationnel, le dispositif humain constitue l’un des principaux piliers du RGPH-2. Au total, 130 735 agents ont été recrutés pour participer aux différentes activités de terrain.

La première phase concerne la cartographie censitaire, une étape technique qui consiste à identifier et à délimiter les zones de dénombrement, à localiser les ménages et à établir leur répartition géographique.

Dans le cadre de cette première étape, 15 000 personnes ont déjà été recrutées, dont 14 000 cartographes, auxquels s’ajoutent d’autres techniciens chargés d’accompagner les travaux.

Chaque cartographe sera notamment doté d’une tablette numérique destinée à faciliter la collecte, l’enregistrement et le traitement des données sur le terrain.

Cette cartographie permettra de disposer d’une base de travail indispensable pour organiser le dénombrement proprement dit, qui interviendra dans une phase ultérieure.

Un processus scientifique, apolitique et anonyme

Le gouvernement insiste sur le caractère scientifique et apolitique de cette opération, présentée comme un instrument essentiel à la connaissance de la population congolaise et à l’amélioration de la planification du développement.

Selon Guylain Nyembo, les données recueillies seront anonymisées, cryptées et transmises à un serveur central afin d’en garantir la sécurisation.

Les informations collectées devraient permettre aux pouvoirs publics de disposer de statistiques actualisées sur la répartition de la population, les ménages et les réalités démographiques du pays.

Ces données pourront également contribuer à plusieurs opérations de planification nationale, notamment dans les domaines économique, social et administratif.

Le ministre du Plan a par ailleurs évoqué leur utilité potentielle pour le processus d’identification et d’enrôlement des électeurs conduit par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Les zones confrontées à l’insécurité également concernées

La situation sécuritaire dans certaines parties de l’Est de la RDC constitue un défi particulier pour la réalisation du recensement.

Sur ce point, le gouvernement assure qu’un dispositif spécifique sera mis en place afin de permettre la poursuite des opérations dans les zones affectées par l’insécurité.

Guylain Nyembo a évoqué une approche similaire à celle appliquée lors de l’organisation de l’Examen d’État, dans le but de maintenir les activités malgré les contraintes sécuritaires.

L’objectif affiché est de garantir la couverture la plus large possible du territoire national et d’éviter que les populations vivant dans les zones en conflit soient exclues de cette opération statistique.

Le gouvernement écarte tout risque d’abandon du processus

Face aux interrogations sur les conditions de réalisation du RGPH-2, le ministre d’État au Plan affirme que le processus est désormais suffisamment avancé pour être conduit à son terme.

Il estime que la disponibilité du budget, le recrutement du personnel et l’accompagnement des partenaires constituent les garanties nécessaires à la poursuite des travaux.

« Nous avons vidé tous les préalables : nous avons le budget, le personnel qu’il faut pour ça, nous avons un accompagnement non des moindres (UNFPA) et c’est un processus que tout le monde attend », a-t-il déclaré.

Avec le démarrage de la cartographie censitaire, la RDC franchit ainsi une étape importante vers la réalisation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat, appelé à fournir aux autorités une base statistique de référence pour orienter les politiques publiques et la planification du développement national.

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