RDC : le Gouvernement accélère la reconstruction du secteur agricole et mise sur la production locale

Par Fulgence Milay

Une année après l’investiture du Gouvernement Suminwa II, le ministère d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Mohindo Nzangi Butondo, met en avant plusieurs réformes et actions engagées pour transformer le secteur agricole en un véritable levier de développement économique et de sécurité alimentaire en République démocratique du Congo.

Sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, le ministère concentre ses efforts sur la reconstruction de la chaîne de valeur agricole, avec un accent particulier sur les semences, la mécanisation, les intrants, l’accompagnement des producteurs, le stockage, la transformation et la promotion des cultures pérennes.

Le système semencier national en reconstruction

La relance de la production agricole passe notamment par la disponibilité de semences de qualité. Au cours de cette première année, le Gouvernement a ainsi engagé la revitalisation des principales institutions du système semencier national.

Cette démarche concerne notamment l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA), les Centres d’adaptation, de production des semences agricoles (CAPSA), ainsi que le Service national des semences (SENASEM).

Des équipements destinés au traitement des semences ont été installés. Parallèlement, des semences améliorées de maïs, de haricot, de soja, d’arachide, de riz et de manioc ont été produites et distribuées aux producteurs dans plusieurs provinces.

À travers cette intervention, les autorités ambitionnent d’améliorer les rendements agricoles, de renforcer la résilience des exploitations familiales et de permettre aux producteurs d’accéder à du matériel végétal mieux adapté aux réalités locales.

400 tracteurs déjà distribués, 3 600 attendus

La mécanisation constitue un autre axe important de la stratégie gouvernementale. Le secteur agricole congolais reste confronté à une faible mécanisation, qui limite la capacité de production et la productivité des exploitations.

Pour y répondre, 400 tracteurs ont déjà été distribués aux producteurs et aux structures agricoles. Le Gouvernement prévoit par ailleurs l’arrivée de 3 600 tracteurs supplémentaires au cours des deux prochaines années.

Au-delà de l’acquisition des équipements, le ministère travaille également au développement d’une filière nationale consacrée à la fabrication, à l’assemblage et à la maintenance des tracteurs en RDC.

L’ambition est de renforcer progressivement les capacités techniques locales, tout en contribuant à réduire les coûts d’exploitation liés à l’utilisation des équipements agricoles importés.

Vers une production locale des engrais

La question des intrants agricoles figure également parmi les priorités du ministère. La forte dépendance de la RDC vis-à-vis des engrais importés constitue en effet un défi pour le développement d’une agriculture productive et compétitive.

Le Gouvernement encourage ainsi l’installation d’unités locales de production et de blendage d’engrais. Des initiatives sont notamment en cours à Boma, dans le Kongo-Central, et à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.

L’objectif est d’accroître la disponibilité des fertilisants sur le marché national et de proposer des intrants davantage adaptés aux caractéristiques des différentes zones de production agricole.

Cette orientation vise également à favoriser l’émergence d’une industrie nationale des intrants et à réduire progressivement la dépendance du pays aux importations.

Le déficit de maïs en baisse

Dans la filière maïs, le ministère relève une amélioration progressive de la disponibilité de la production nationale.

Selon les données présentées par le ministère, le déficit en maïs est passé d’environ 8 millions de tonnes à 3,5 millions de tonnes au cours des cinq dernières années.

Cette évolution traduit une progression de la production nationale, mais le déficit demeure important. Le recours aux importations reste donc nécessaire pour couvrir les besoins de consommation du pays.

Le Gouvernement entend poursuivre les investissements dans cette filière afin d’augmenter les rendements, d’accroître les superficies exploitées et de renforcer durablement l’offre nationale.

Stockage et transformation pour réduire les pertes

La reconstruction du secteur agricole ne se limite pas à la production. Le Gouvernement entend également s’attaquer aux pertes post-récoltes, qui affectent une partie importante des productions agricoles.

Le ministère met ainsi l’accent sur le développement des capacités de stockage et de transformation des produits agricoles.

L’objectif est de permettre aux producteurs de mieux conserver leurs récoltes, mais également de développer davantage la transformation locale afin d’accroître la valeur ajoutée des produits issus de l’agriculture congolaise.

Le Gouvernement prévoit également la constitution de réserves alimentaires stratégiques. Ces stocks doivent permettre de répondre plus efficacement aux déficits de production et aux situations d’urgence alimentaire sur l’ensemble du territoire national.

Cacao, café et palmier à huile : les cultures pérennes relancées

Parallèlement aux cultures vivrières, le ministère entend relancer les cultures pérennes, notamment le cacao, le café et le palmier à huile.

Un vaste programme de promotion de ces cultures a été lancé à travers la mise en place de pépinières publiques. Celles-ci sont déjà opérationnelles dans 14 provinces.

L’objectif est d’étendre progressivement ces cultures à l’ensemble des provinces présentant un potentiel agricole et de favoriser ainsi la diversification de la production nationale.

Dans la filière cacao, le ministère indique qu’environ 120 000 tonnes ont été exportées en 2025. Les autorités souhaitent désormais accroître davantage la production et élargir les zones de culture afin de renforcer la place de la RDC sur ce marché.

La sécurité alimentaire reste le principal défi

Malgré les différentes mesures engagées, le Gouvernement reconnaît que la situation alimentaire demeure préoccupante.

Environ 27 millions de Congolais sont encore confrontés à une situation d’insécurité alimentaire aiguë. Ce constat souligne l’ampleur des défis auxquels le pays reste confronté, malgré les efforts entrepris pour accroître la production nationale.

Pour les autorités, la réponse passe par une transformation structurelle de l’agriculture congolaise, allant de l’accès aux semences et aux intrants à la mécanisation, en passant par la production, le stockage, la transformation et la commercialisation.

À travers ces différentes actions, le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire entend ainsi poursuivre la reconstruction du secteur et renforcer sa contribution à la sécurité alimentaire, à la réduction des importations et au développement économique de la République démocratique du Congo.

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