Le gouvernement congolais affirme maintenir la situation sous contrôle malgré l’évolution de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo qui touche actuellement plusieurs provinces de l’Est de la République démocratique du Congo.
Lors d’un briefing presse coanimé mardi soir avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a fait le point sur la situation sanitaire et les mesures prises par les autorités.
Selon le ministre de la Santé, près de 3 600 personnes ayant été en contact avec des cas suspects ou confirmés sont actuellement identifiées et suivies quotidiennement par les équipes de riposte déployées sur le terrain. Ces personnes font l’objet d’un contrôle sanitaire strict afin de détecter rapidement d’éventuels symptômes et limiter toute chaîne de transmission.
Plus de 230 patients pris en charge
Roger Kamba a indiqué qu’environ 230 personnes malades ou présentant des signes compatibles avec Ebola sont actuellement prises en charge dans des centres spécialisés installés dans les zones affectées.
Le ministre a également confirmé que 17 décès ont été testés positifs après analyses réalisées en laboratoire. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’éviter toute confusion dans l’interprétation des statistiques liées à l’épidémie.
« Les cas suspects, les cas contacts et les décès probables ne signifient pas automatiquement des contaminations confirmées », a-t-il précisé, appelant la population à ne pas céder à la panique ni à la désinformation.

Trois provinces touchées à ce stade
Les autorités sanitaires assurent que l’épidémie reste, pour le moment, concentrée dans trois provinces de l’Est du pays : Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu.
« Il n’y a pas de cas en dehors de ces trois provinces », a affirmé Roger Kamba, cherchant ainsi à rassurer l’opinion publique face aux inquiétudes d’une propagation nationale.
Les équipes de surveillance épidémiologique ont néanmoins renforcé les contrôles sanitaires dans plusieurs points d’entrée stratégiques, notamment les aéroports, ports, postes frontaliers et grands axes routiers afin de prévenir une extension vers d’autres provinces ou vers les pays voisins.
L’absence de vaccin complique la riposte
Contrairement à la souche Zaïre du virus Ebola, contre laquelle des vaccins existent déjà, la souche Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin homologué. Cette situation constitue un défi majeur pour les autorités sanitaires congolaises et les partenaires internationaux engagés dans la riposte.
Face à cette contrainte, le gouvernement mise principalement sur plusieurs stratégies :
– l’identification rapide des cas suspects ;
– l’isolement des malades ;
– le suivi rigoureux des cas contacts ;
– la sensibilisation communautaire ;
– ainsi que l’organisation d’enterrements sécurisés et dignes.
Le ministère de la Santé insiste également sur le respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts avec les fluides corporels des personnes malades et le signalement rapide de tout symptôme suspect.

Les prestataires de santé au cœur des préoccupations
Les autorités sanitaires redoutent particulièrement les contaminations dans les structures médicales, comme cela a souvent été observé lors des précédentes flambées d’Ebola en RDC.
Roger Kamba a souligné la nécessité d’équiper les hôpitaux et centres de santé en matériels de protection individuelle afin de protéger les médecins, infirmiers et autres agents de santé exposés au virus.
Le gouvernement travaille également avec les partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la Santé, pour renforcer les capacités de laboratoire, l’approvisionnement en équipements médicaux et la coordination de la riposte dans les zones affectées.
Une population appelée à la vigilance
Les autorités congolaises appellent la population à collaborer avec les équipes sanitaires et à éviter les rumeurs susceptibles de compliquer les efforts de riposte.
Le ministère de la Santé rappelle que la détection précoce et l’isolement rapide des malades restent les moyens les plus efficaces pour freiner la propagation de cette nouvelle flambée d’Ebola Bundibugyo dans l’Est de la RDC















