Les chauffeurs de transports en commun ont observés une grève ce Lundi 26 janvier, en réaction au vaste contrôle routier lancé par les autorités urbaines, avec le déploiement de 3 000 agents chargés de faire respecter le code de la route et d’exiger plusieurs documents obligatoires.
Dans le cadre de cette opération, les conducteurs sont tenus de présenter, entre autres, un permis de conduire valide, un contrôle technique en règle, la vignette, l’autorisation de transport, une assurance, ainsi que le respect de la grille tarifaire du transport en commun.
Selon les estimations, l’obtention de l’ensemble de ces documents représente un coût total d’environ 540 dollars américains, un montant jugé excessif dans un contexte marqué par la précarité économique.
Réagissant à cette situation, le coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), Jonas Tshiombela, a sévèrement critiqué la décision du gouverneur de la ville de Kinshasa, qu’il qualifie d’irréfléchie et vouée à l’échec.
« Cette opération est vouée à l’échec. Je ne suis pas prophète de malheur, mais le problème qu’ils tentent de résoudre ne sera jamais résolu par ces mesures », a-t-il déclaré.
Pour lui, les autorités partent de fausses prémisses en prétendant lutter contre les embouteillages à travers la multiplication des taxes et des contrôles administratifs.
« On ne peut pas résoudre le problème des embouteillages par l’achat de la vignette, du permis de conduire, du contrôle technique et de l’assurance. Même si tout le monde payait, les embouteillages ne disparaîtraient pas », a-t-il martelé.
Ce n’est pas une réforme, c’est une mobilisation des recettes
Jonas Tshiombela estime que derrière cette opération se cache avant tout une logique de mobilisation des recettes, et non une réelle volonté d’améliorer la circulation routière à Kinshasa.
« Ce qui se cache derrière cette opération, c’est la mobilisation des recettes. Il faut qu’ils le disent clairement aux Kinois et aux Kinoises », a-t-il affirmé, qualifiant l’initiative d’opération “porte-feuille”.
Selon lui, la véritable solution aux embouteillages passe par la réhabilitation des routes dégradées, l’achèvement des chantiers abandonnés et une meilleure planification urbaine, et non par l’asphyxie financière des transporteurs et des usagers.
Risques d’effets pervers et de tensions sociales
La NSCC alerte également sur les conséquences indirectes de cette mesure. Jonas Tshiombela craint que la réduction du transport en journée ne provoque un report massif de la circulation la nuit, aggravant ainsi les embouteillages nocturnes et favorisant l’insécurité.
« On risque d’amplifier les embouteillages la nuit et d’encourager la criminalité nocturne. Ce sont des effets inattendus mais prévisibles », a-t-il averti.
Il redoute par ailleurs une explosion sociale, dans un contexte où la majorité de la population peine déjà à subvenir à ses besoins.
« Ce matin, j’ai vu des milliers de personnes bloquées. Asphyxier une population sans revenus suffisants, c’est créer les conditions d’une explosion sociale », a-t-il ajouté.
Une gouvernance mise en cause
Enfin, Jonas Tshiombela a remis en question la crédibilité du système actuel de délivrance des permis de conduire et de contrôle du respect du code de la route.
« On attribue des permis à des gens qui n’ont parfois jamais été formés sérieusement. Gouverner, c’est prévoir. Ici, nous sommes face à un gouvernement provincial incapable. La moindre des choses serait de démissionner », a-t-il conclu.















