Le congrès annuel du Cobalt Institute s’ouvre ce mardi 12 mai 2026 à Madrid, en Espagne, dans un contexte marqué par la montée des enjeux géopolitiques autour des minerais critiques. Pendant deux jours, industriels, investisseurs, experts et responsables politiques débattront de l’avenir du cobalt, métal devenu incontournable pour la transition énergétique mondiale.
Placée sous le thème « Cobalt in Focus: Powering the Next Chapter of Critical Minerals », cette rencontre internationale met particulièrement l’accent sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la gouvernance minière et le rôle stratégique du cobalt dans la transition énergétique mondiale.
La RDC au centre des enjeux stratégiques
Premier producteur mondial de cobalt avec près de 70 % de l’offre mondiale, la République démocratique du Congo demeure un acteur incontournable du marché mondial. Grâce à ses importantes réserves minières, le pays se retrouve une nouvelle fois au cœur des discussions sur les minerais critiques.
La délégation congolaise participe aux travaux à travers plusieurs institutions stratégiques du secteur minier, notamment le Cadastre minier (CAMI), le SAEMAPE, la CTCPM ainsi que Gécamines. Toutefois, selon la cellule de communication du ministère des Mines, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, dont le nom figure parmi les participants officiels, n’a finalement pas effectué le déplacement de Madrid.
Un marché mondial sous tension
La participation congolaise intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le marché mondial du cobalt. Le secteur fait face à une baisse des prix internationaux, à des inquiétudes liées à la surproduction ainsi qu’à des exigences de plus en plus strictes en matière de traçabilité et d’exploitation responsable.
Parallèlement, la compétition entre la Chine, les États-Unis et l’Europe pour sécuriser l’accès aux minerais critiques renforce davantage la dimension géostratégique du cobalt congolais.
Kinshasa veut imposer une nouvelle doctrine minière
Face à cette nouvelle réalité mondiale, la RDC cherche progressivement à dépasser son statut historique de simple exportateur de matières premières. Les autorités congolaises multiplient les initiatives visant à promouvoir la transformation locale des minerais, le développement d’une industrie nationale des batteries et la création de valeur ajoutée sur le territoire national.
À Madrid, Kinshasa entend ainsi défendre une approche plus souveraine de l’exploitation minière, dans laquelle les ressources stratégiques doivent contribuer davantage au développement économique, industriel et social du pays.
Le cobalt, un minerai incontournable pour la transition énergétique
Dans les coulisses du congrès, plusieurs discussions devraient également porter sur le financement des projets miniers responsables et l’avenir du cobalt face à l’évolution rapide des nouvelles technologies de batteries.
Une certitude demeure néanmoins au cœur des débats : aucune transition énergétique mondiale ne peut aujourd’hui se construire sans les ressources minières de la RDC. Désormais, Kinshasa ambitionne de transformer son poids géologique en véritable influence économique, industrielle et diplomatique sur l’échiquier international.















