Fonction publique en RDC : plus de 2,5 millions d’agents recensés, l’État poursuit l’assainissement de l’administration

Par Fulgence Milay

La République démocratique du Congo poursuit ses efforts de restructuration de l’administration publique à travers une meilleure maîtrise des effectifs et de la masse salariale. Les dernières données officielles communiquées par Jean-Pierre Lihau font état de plus de 2,5 millions d’agents publics actifs enregistrés au sein des institutions relevant du pouvoir central en 2025.
Selon le rapport consacré à l’économie de la Fonction publique, l’administration centrale compte exactement 2,501 millions d’agents en activité. Parmi ces effectifs, environ 1,867 million de fonctionnaires bénéficient actuellement d’une rémunération régulière assurée par le Trésor public, représentant près des trois quarts des agents recensés.
En revanche, une proportion importante d’agents demeure encore en dehors du circuit officiel de paie. Les statistiques font état de plus de 634 mille agents actifs qui ne perçoivent pas encore de salaire de l’État.

Des recrutements massifs enregistrés entre 2018 et 2020

Le document officiel souligne également une forte expansion des effectifs de la Fonction publique observée entre 2018 et 2020. Durant cette période, l’administration publique congolaise a connu une croissance exceptionnelle de son personnel.
En l’espace de trois années seulement, près de 1,29 million de nouveaux agents ont été intégrés dans les différents services publics. Les effectifs globaux sont ainsi passés de 1,486 million d’agents en 2017 à environ 2,719 millions en 2020.
Le rapport mentionne par ailleurs l’existence de 185,2 mille nouvelles unités administratives officiellement identifiées et intégrées dans les statistiques de la Fonction publique.

Le Gouvernement engagé dans la rationalisation des effectifs

Face aux déséquilibres engendrés par cette augmentation rapide du personnel administratif, le Gouvernement congolais affirme avoir engagé depuis 2021 plusieurs mécanismes d’assainissement destinés à améliorer la gouvernance des ressources humaines de l’État.
Ces réformes visent principalement la réduction progressive du nombre d’agents non rémunérés, la maîtrise des dépenses publiques liées aux salaires ainsi que l’amélioration de la transparence dans la gestion des fichiers administratifs.
D’après les explications fournies par le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique, le nombre d’agents non pris en charge financièrement avait franchi le seuil de 800 mille personnes à la suite des recrutements massifs opérés entre 2018 et 2020.

Une baisse progressive du nombre d’agents non payés

Les autorités indiquent toutefois qu’une tendance à la baisse est observée depuis le lancement des opérations de contrôle et de régularisation administrative.
En 2025, les effectifs d’agents non rémunérés sont estimés à environ 547,78 mille personnes, contre plus de 728 mille recensées en 2020.
Dans le cadre du régime général de la Fonction publique, le nombre d’agents non payés mais officiellement identifiés et certifiés s’élève actuellement à 449,78 mille personnes.

Retraites, mécanisation et contrôle des fichiers administratifs

Le Gouvernement attribue cette amélioration progressive à plusieurs mesures correctives mises en œuvre au cours des dernières années. Il s’agit notamment des opérations de mise à la retraite des agents ayant atteint la limite d’âge, du nettoyage des fichiers administratifs, du renforcement des contrôles liés à l’éligibilité à la paie ainsi que des opérations de mécanisation destinées à intégrer progressivement les agents réguliers dans le système salarial de l’État.
Ces différentes actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration publique congolaise et de rationalisation des dépenses de fonctionnement.

Des défis structurels persistants pour l’administration congolaise

Malgré les avancées enregistrées, les statistiques officielles traduisent encore l’ampleur des défis auxquels demeure confrontée l’administration publique en République démocratique du Congo.
La gestion des effectifs, la soutenabilité budgétaire de la masse salariale, l’encadrement des recrutements ainsi que la modernisation des mécanismes de gestion des ressources humaines figurent parmi les principaux enjeux que les autorités devront continuer à relever afin de renforcer l’efficacité de l’appareil étatique.

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