JIFA 2026 : la RDC réaffirme son engagement pour une participation accrue des femmes aux instances de décision

Par Fulgence Milay

Il s’est organisé le jeudi 6 août 2026 au Musée national de la République démocratique du Congo, à Kinshasa, la 4ᵉ édition de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA 2026). Placée sous le thème « Femmes, Paix, Parité : Quid de la participation politique des femmes aux instances de prise de décision, 20 ans après l’inscription de la parité dans les instruments juridiques congolais », cette rencontre a réuni plusieurs personnalités politiques, des parlementaires, des organisations féminines ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Une réflexion sur vingt ans de parité

La cérémonie s’est déroulée en présence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Les échanges ont essentiellement porté sur les progrès réalisés en matière de participation des femmes à la vie politique congolaise, mais également sur les défis qui persistent dans leur accès aux postes de responsabilité.

Prenant la parole, la Première ministre a rendu hommage aux pionnières qui ont consacré leur engagement à la défense des droits des femmes en République démocratique du Congo.

Judith Suminwa a rappelé que les avancées enregistrées au cours des dernières décennies sont le fruit de nombreux sacrifices et d’un combat de longue haleine en faveur de la dignité, de la justice et de l’égalité.

Elle a notamment insisté sur le caractère fondamental des droits des femmes dans la construction démocratique du pays.

« Les droits des femmes ne constituent ni une faveur ni une concession. Ils sont une exigence de justice et un fondement de notre démocratie », a-t-elle déclaré.

Des avancées, mais encore des obstacles

Vingt ans après l’inscription du principe de parité dans les instruments juridiques congolais, la Cheffe du Gouvernement reconnaît l’existence de progrès, tout en estimant que le chemin reste encore long.

Pour Judith Suminwa, sa nomination à la tête du Gouvernement constitue certes une étape importante, mais elle ne saurait être considérée comme l’aboutissement du combat pour la représentation des femmes.

Elle a appelé à poursuivre les efforts afin que les femmes puissent accéder aux responsabilités publiques en fonction de leurs compétences, de leur mérite et de leur engagement.

La ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Micheline Ombae Kalama, a, de son côté, salué l’engagement des femmes congolaises qui ont contribué à faire avancer la cause de la parité. Elle a également mis en avant le rôle des pionnières qui ont dû faire face à de nombreuses résistances sociales et culturelles.

Des femmes engagées honorées

La JIFA 2026 a également été l’occasion de rendre hommage à plusieurs figures féminines engagées dans la promotion des droits des femmes et de la parité.

Des diplômes de mérite ont été remis par la Première ministre à plusieurs personnalités, notamment Julienne Lusenge, Marie-Madeleine Kalala et Ève Bazaiba, en reconnaissance de leur contribution à cette lutte.

La présence du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, traduit par ailleurs l’importance accordée à la promotion de la masculinité positive, en cohérence avec la vision défendue par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Une mobilisation collective

En RDC, l’édition 2026 de la Journée internationale de la femme africaine a été organisée conjointement par le Salama Women’s Institute (SAWI) et le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO).

Au-delà de la célébration, cette quatrième édition a constitué un espace de réflexion sur les moyens de renforcer durablement la représentation des femmes dans les institutions et les instances où se prennent les décisions qui engagent l’avenir du pays.

La question de la parité ne peut plus se limiter à son inscription dans les textes de loi. Vingt ans après son intégration dans le cadre juridique congolais, le véritable enjeu réside désormais dans sa traduction concrète dans les institutions politiques, économiques et sociales.

La présence d’une femme à la tête du Gouvernement constitue un signal important, mais la consolidation de cette avancée passe par une participation plus large et plus régulière des femmes aux différents niveaux de décision. La JIFA 2026 rappelle ainsi que la parité est moins une faveur accordée aux femmes qu’un impératif de justice, de démocratie et de développement.

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