Le gouvernement provincial de Kinshasa durcit le ton en matière de fiscalité urbaine. Les propriétaires immobiliers et les assujettis à l’impôt foncier ainsi qu’à l’impôt sur les revenus locatifs ont jusqu’au 1er février 2026 pour se mettre en règle. Passé ce délai, des mesures de recouvrement forcé seront systématiquement appliquées.
L’annonce a été faite ce mardi par le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, lors d’un échange avec la presse à Kinshasa. Selon l’autorité provinciale, cette échéance marque la fin de toute tolérance administrative. Les autorités entendent renforcer la mobilisation des recettes propres de la ville afin de soutenir les projets de développement urbain. Le temps des rappels est terminé. Après le 1er février, la loi sera appliquée dans toute sa rigueur, a prévenu le ministre.
DES TAUX FISCAUX ADAPTÉS AU CLASSEMENT DES ZONES
Le ministre provincial des Finances a rappelé que l’impôt sur les revenus locatifs est calculé sur la base du classement des localités. Dans les localités de premier rang, le taux d’imposition est fixé à 22 pour cent de l’ensemble des revenus locatifs encaissés. Le locataire est tenu d’effectuer chaque mois une déclaration et une retenue de 20 pour cent sur le loyer, reversée directement au compte de la Ville de Kinshasa.
Dans les localités de deuxième, troisième et quatrième rang, le taux d’imposition est de 17 pour cent. La retenue mensuelle est de 15 pour cent du loyer, également effectuée par le locataire et versée à la Ville de Kinshasa. Ces dispositions visent à améliorer la traçabilité des recettes et à réduire les cas de fraude fiscale.
DES PAIEMENTS SÉCURISÉS ET MODERNISÉS
Reconnaissant les difficultés rencontrées par le passé, notamment les longues files d’attente, l’insuffisance de la couverture bancaire et la méfiance liée à la perception manuelle, le ministre a annoncé la mise en place de mécanismes de paiement sécurisés. Des mécanismes de paiement sécurisés sont progressivement déployés en partenariat avec les banques commerciales et les opérateurs de monnaie électronique, a-t-il déclaré.
Les contribuables peuvent désormais s’acquitter de leurs obligations fiscales via les banques, les solutions électroniques et les services de mobile money. Tout assujetti peut également se rendre dans n’importe quel centre communal des recettes de la DGRK, où un agent bancaire est disponible pour percevoir l’impôt foncier ou le solde de l’impôt sur les revenus locatifs.

PAYER L’IMPÔT, UN DEVOIR CITOYEN
Magloire Kabemba a insisté sur la dimension civique du paiement de l’impôt, appelant les Kinois à contribuer activement au développement de la capitale. Payer son impôt est un acte de citoyenneté. C’est notre responsabilité collective de contribuer individuellement au programme Kinshasa Zobonga, a-t-il souligné.
Selon lui, les ressources mobilisées permettront notamment de financer la voirie urbaine, l’assainissement, l’éclairage public, la sécurité ainsi que les services sociaux de base. Le ministre a par ailleurs rassuré sur la volonté des autorités provinciales de gérer ces fonds avec rigueur, traçabilité et redevabilité, conformément aux principes de bonne gouvernance financière.
RECOUVREMENT FORCÉ APRÈS LE 1ER FÉVRIER 2026
Le gouvernement provincial se montre ferme à l’égard des retardataires. Après l’échéance du 1er février 2026, des mesures coercitives seront appliquées conformément aux textes en vigueur. Il s’agira notamment du scellage temporaire des établissements, des saisies par avis à tiers détenteur ainsi que des saisies mobilières et immobilières.
INSTITUTION DU QUITUS FISCAL URBAIN
Dans la même dynamique, le ministre provincial des Finances a annoncé l’institution du quitus fiscal urbain. Ce document administratif, délivré par le receveur de la DGRK, attestera de la situation fiscale régulière des contribuables vis-à-vis de la Ville de Kinshasa et conditionnera l’accès à certaines démarches administratives.















